Il existe de nombreuses thĂ©ories quant Ă  l’origine de cette expression argotique qui, en France, sert Ă  avertir de l’arrivĂ©e de la police :

« Vingt-deux » signifie couteau dans l’argot français du XIXe siècle. L’expression signifierait donc « tous Ă  vos armes ». L’arme favorite des voyous du temps Ă©tait le « couteau d’arsouille » avec sa lame de 22 centimètres.

En mai 68, quand les CRS arrivaient, les manifestants criaient « 22, v’lĂ  les flics ! » pour que tout le monde se munisse de pavĂ©s. Le calibre officiel Ă  l’Ă©poque Ă©tant de 22 cm sur 22 cm sur 22 cm. Pourtant, l’expression est attestĂ©e dès 1874, donc cette explication est invalidĂ©e.

Ă€ la fin du XIXe siècle, il y avait onze boutons sur la vareuse des policiers. Et comme ils se baladaient toujours par deux…
Cette expression viendrait aussi des prisons, ou des ouvriers typographes oĂą le 22 viendrait de l’addition des chiffres correspondant au rang des lettres du mot « chef » dans l’alphabet. 3+8+5+6=22

Dans la mĂŞme sĂ©rie, il viendrait peut-ĂŞtre du mot « vesse » qui signifie « grande peur ». Le v Ă©tant la 22e lettre de l’alphabet.
22 serait une dĂ©formation du juron « Vain dieu ». Donc en gros, on dirait plutĂ´t « Vain dieu, v’lĂ  les flics ! »

Certains disent aussi que le 22 Ă©tait autrefois le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone de la police, remplacĂ© de nos jours par le 17. Cette explication ne prend pas en compte que l’expression est attestĂ©e dès 1874, alors que le tĂ©lĂ©phone ne fait pas son arrivĂ©e en France avant les annĂ©es 1920.

On trouverait cette expression chez les linotypistes du XIXe siècle. En effet, la taille des caractères (dit le corps dans le jargon de l’imprimerie) pour former un texte est habituellement de 9 ou 10. De ce fait, le corps 22, destinĂ© aux titres car de taille plus importante, est tout dĂ©signĂ© pour annoncer la venue du chef de manière anodine. Quand le chef d’atelier entre, on crie 22. Quand c’est le patron, lĂ  on crie 44.

Pourquoi dit-on « poulets » ?

Le surnom remonte Ă  1867, quand les policiers de Paris furent installĂ©s dans la caserne de la CitĂ© oĂą se tenait jusqu’alors le marchĂ© aux volailles.

Pourquoi appele-t-on les policiers des ’Flics’ ?

Le mot « flic » s’est rĂ©pandu en français courant au dĂ©but du XXème siècle.

En ce qui concerne l’origine de ce mot, rien n’est certain ; il existe en effet au moins trois hypothèses qui sont les suivantes :

Flic viendrait du mot flick, de l’argot des malfaiteurs allemands et qui avait le sens de « garçon, jeune homme ».

Flic pourrait Ă©galement venir d’un autre mot allemand : Fliege, qui signifie « mouche », par transposition du mot d’argot français mouche, qui signifiait « policier » .

Flic serait issu de la forme flica, qui signifie « claquer », qui serait une variante du latin fligere « battre » ou du germanique flinke, « frapper » ; ceci faisant allusion au pouvoir qu’ont les policiers avec leurs armes.

Comme on peut le constater, l’origine de ce mot n’est pas certaine, ceci démontrant combien l’étymologie n’est pas une science exacte !

Etonnant non ?

Commandant Pierre Debue