« Hep ! Vous, là … oui, vous !

Enfilez mon uniforme de policier et montez Ă  05h00 du mat’ dans un vĂ©hicule sĂ©rigraphiĂ© « Police », floquĂ© de nos trois couleurs nationales et vous y verrez une autre rĂ©alité….

Vous commencerez ta journĂ©e par devoir apposer un scellĂ© sur le cercueil d’un nouveau-nĂ© sorti d’ un congĂ©lateur achĂ©tĂ© par sa mère il y a une semaine. Cela s’appelle une vacation funĂ©raire.

Le café du matin prendra tout de suite un goût particulièrement amer.

Mais ne vous dĂ©moralisez pas, cela fait parti du quotidien et d’autres « activitĂ©s » vous attendent…

Vous interviendrez ensuite sur un accident de la route, où un gamin de 18 ans, le crâne fracassé sur le tableau de bord, le corps si déformé que vous peinerez à croire que ce n’est pas un mauvais rêve. votre équipage ira ensuite sonner, à l’heure du déjeuner, à la porte d’une famille heureuse, qui l’ouvrira avec un sourire se mélangeant aux effluves d’un repas préparé généreusement par l’amour d’une mère pour son foyer; afin de leur annoncer qu’ils viennent de perdre l’être le plus cher à leurs yeux.

Vous assisterez impuissant aux hurlements de douleurs de cette maman qui viendra pleurer sur votre épaule, à la limite d’une hystérie humaine dont l’existence vous était jusque-là bien inconnue.

Vous repartirez pour prendre la pause déjeuner, devant malgré tout garder la tête haute et rester lucide, car d’autres gens comptent sur vous…

Un appel radio vous ’enverra récupérer une gamine violée dans une cave, vous regardant avec des yeux dans lesquels brille une lueur mêlée de honte et d’humiliation, au reflet d’une âme vidée par la violence et l’inimaginable abomination qu’elle vient de subir.

Il vous faudra vite trouver les mots pour lui apporter une once de réconfort qu’elle sera de toute façon incapable de recevoir…

Vous vous dirigerez ensuite dans un bel immeuble, Ă  la façade raffinĂ©e et Ă  l’intĂ©rieur somptueux, frapper Ă  la porte d’une personne âgĂ©e, dont les proches n’ont plus de nouvelles. Bien avant d’ avoir ouvert la porte avec une des filles de la victime, vous saurez, avec son odeur caractĂ©ristique, qu’  » ELLE « , la Mort, est passĂ©e…

En pénétrant à l’intérieur, vous découvrirez, dans les toilettes, le cadavre d’un homme de l’âge de votre grand-père, décédé dans une position grotesque, en état de décomposition avancée. Vision d’un corps que même les films d’horreur les plus crus n’osèrent jamais vous montrer.

Les photos aux murs et les souvenirs en tout genre vous feront parcourir malgré-vous le film de sa vie. Vous plongerez au jour de son mariage, verrez les photos de ses enfants et petits-enfants, les anniversaires passés et multiples joies de sa vie… Tout en étant le témoin de sa fin la plus triste, vous aurez à réconforter la famille, venue nombreuse mais trop tard, car il vivait seul et abandonné de tous.

Puis, sortant de l’immeuble, vous irez en soutien d’autres collègues, pris sous les projectiles de jeunes gamins de 15 ans. Oui, ces « chances pour la France », à la violence sans cesse légitimée par leur pauvreté et leur discrimination quotidienne. Trois voitures sont en feu et les Pompiers interviennent…

Aller, maintenant je te tutoie, car c’ est l’ usage entre collègues.

Tu leur porteras assistance, et te feras insulter de la pire manière, toi ainsi que toute ta famille, et les Pompiers aussi, pour une raison que tu ignores, hormis le fait de reprĂ©senter un pays pour lequel ils n’éprouvent que haine et dĂ©sir de vengeance, mais dont les aides sociales leur assurent la tranquillitĂ© de la vie qu’ils n’auraient certainement pas dans le pays dont ils revendiquent l’ appartenance et la religion…

Des boules de pétanque, des caisses à outils, des parpaings et des machines à laver pleuvront des toits d’immeubles, manquant de te fracasser le crâne à la moindre inattention de ta part, t’assurant une mort certaine en cas d’impact soudain.

Tu prendras des crachats au visage, te réduisant à l’état d’animal pour ces jeunes qui n’hésiteront pas, lorsque l’occasion se présentera, à te brûler vif dans ton véhicule de service.

Tu tenteras malgré tout d’en interpeller un, avec la violence que cela implique et qui n’est que la seule réponse possible face à ce que tu reçois.

Ses amis te filmeront, hurlant d’un ton animal, à la bavure policière et diffuseront la vidéo sur les réseaux sociaux, la laissant aux mains de tous les grands cerveaux de la fourmilière Facebook, Twitter, Instagram et j’en passe.

Tu rentreras dans l’ après-midi, chez toi, après une heure de route pour  » mettre de la distance », tout en t’assurant que tu n’ est pas suivi… Puis tu embrasseras ton mari ou ta femme et tes enfants avec ce soulagement quotidien de ne pas avoir fini la journĂ©e en service de rĂ©animation ou au fond d’une housse mortuaire.

Tu allumeras ta télé et verras le gratin des personnalités de tous bords cracher sur ton travail, déblatérant leurs théories fumeuses de racisme et de violences policières.

Tu verras les multinationales de ce monde ne pas hésiter à propager ces messages pour en tirer l’argent d’un beurre qui n’a pour toi que cette lourde odeur de moisi putride.

Tu entendras une petite chanteuse bourgeoise se prenant pour une habitante de cité te dire que toi et tes collègues massacrent chaque jour des hommes et des femmes de couleurs lorsqu’ils se rendent à leur travail.

Alors, tu fermeras cet écran, et repenseras à la journée que tu viens de passer, revoyant chaque scène de ces longues dernières heures.

Chaque jour, ta  » cuirasse  » prendra de l’ Ă©paisseur …Si jamais elle ne craque, elle te mènera Ă  l’ âge de la Retraite, mais avant….

Et demain matin, tu te rĂ©veilleras, et remettras ton uniforme que tu portera après quelques annĂ©es de pratique comme une tenue d’ Ă©goutier, ayant chaussĂ© mentalement des cuissardes pour ne pas laisser la fange, l’ Ă©goĂ»t dans lequel tu Ă©volue le tâcher. Car toi, policier de France, tu sais que tu exerces le plus beau mĂ©tier du Monde et que tous ces petits esprits sont bien incapables de saisir toute la noblesse et la bontĂ© qu’il demande. Le courage qu’il exige pour ne pas flancher face Ă  une Administration qui te lâche face Ă  la première suspicion de soupçon et tarde Ă  te rĂ©compenser parfois, victime d’ amnĂ©sie budgĂ©taire ou de saute d’humeur ( MĂ©dailles, ASA, arrĂŞt Griesmar, etc… ) …

Enfin, Ă  vous tous, qui que vous soyez, qui vous permettez de lancer Ă  nos visages vos horreurs, calomnies et mensonges en tout genre, sachez, que malgrĂ© votre mĂ©pris sans Ă©gal Ă  notre Ă©gard, chacun d’entre nous, jusqu’Ă  hier, aurait volontiers risquĂ© sa vie pour la votre…

Mais demain, oui demain, qui vous protĂ©gera, VOUS ? Car aujourd’hui, au vu ce qui se passe dans NOTRE Pays, et si j’ Ă©tais encore en activitĂ©, j’irai dĂ©poser sur le bureau de mon Commissaire non seulement mes menottes, mais aussi mon arme de service, ma carte professionnelle, le tout agrĂ©mentĂ© d’ une lettre de dĂ©mission !

TROP C’EST TROP ! ! A BON ENTENDEUR , SALUT ! «

Signé: Un " retraité de la police nationale" en colère "..

Conrad Duhem