Sa femme l’accompagne dans le coma, à son réveil – Fabien ne se souvient plus de sa femme ni de ses enfants -, puis lors de sa rééducation. Elle change de maison pour s’adapter à la vie de son mari traumatisé crânien, mais les colères sont fréquentes, et la vie devient impossible. Cathy refuse désormais de s’écrouler : « J’ai un petit-fils et bientôt une petite-fille, il faut avancer », glisse-t-elle avec une admirable détermination. Il n’empêche que sa lucidité prend aux tripes : « Je ne vis pas vraiment, je survis. La vérité, c’est que j’ai dû faire le deuil de ce mari avec qui j’ai été fusionnelle pendant dix-neuf ans. » Elle continue pourtant de l’accompagner. « J’aide un traumatisé crânien qui n’est plus vraiment mon mari… » Les enfants, eux, confient ne plus reconnaître leur père.

Et pourtant, la haine ne fait plus partie des émotions de Cathy Lherbier : « Ils ont tout détruit. Si je continue à penser à eux, je risque le suicide. Je les ai sortis de ma vie. Ce que j’éprouve encore, c’est de la colère à l’égard des institutions : le chef de bande avait neuf condamnations quand il a massacré Fabien, il aurait dû être en prison… » Une impunité qui pourrait finir par pousser à tuer “pour un regard” ? La question revient chez ces dizaines de familles dévastées par un massacre ou un meurtre, dont personne ne se souvient : Théo, Grégory Baharizadeh, Axelle, Sofiane et Kevin… Qui se soucie encore de la vive douleur de ces familles ?

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