Après le tir…

Une nouvelle fois des policiers ont été confrontés à un individu qui les a forcés à ouvrir le feu, avec des conséquences létales.

Les médias s’emparent de l’événement et chacun y va de son commentaire, de son appréciation, de son « analyse »…

Pour ceux qui ont tiré ça peut être le début d’un très long parcours judiciaire et administratif, ou ça peut au contraire être réglé dans la journée.

Mais au delà des suites que donnent les autorités à cet événement, tirer sur un homme qui vous menace n’est jamais anodin.

C’est une effraction psychologique majeure qui est bien connue des vrais spécialistes.

Questionnements, doutes, sentiment de culpabilité, phénomènes intrusifs où on revit la scène quand on ne s’y attend pas, tentatives d’évitement, plein de choses vont se mettre en place après le tir…et elles ne sont jamais agréables.

Ces policiers vont se sentir terriblement seuls après les quelques jours d’excitation médiatiques et hiérarchiques.

Ils ne vont pas oser parler de cette solitude, ne vont pas savoir vers qui se tourner.

Il y a 20 ans, avec des camarades d’unités spécialisées, nous avions créé l’association Crisis qui se proposait de répondre à ce type d’expérience.

Hélas nous n’avons pas pu garder le rythme d’investissement que demandait une telle structure.

D’autres associations se sont créées qui offrent un vrai soutien.

Il ne faut pas hésiter à les contacter, à partager, à parler de ce que l’on ressent quand on a ouvert le feu.

Surtout il faut savoir que ça frappe tout le monde.

Nous avons traité des centaines d’ouvertures du feu, et nous n’avons pas eu un seul client qui ait vécu ça de manière anodine et sans suites personnelles majeures.

L’ouverture du feu est tout sauf un événement anodin.

Alors parlez-en, partagez ce que vous ressentez et n’ayez aucune réticence à consulter un médecin spécialiste du stress post traumatique.

La probabilité de faire usage de son arme évolue de manière inquiétante dans notre société.

Chaque policier ou gendarme peut avoir à tirer sur quelqu’un au cours de sa vacation.

Il faut donc de plus en plus et de mieux en mieux se préparer à cette terrible hypothèse, renforcer ses connaissances techniques et juridiques et accepter cette potentialité.

Et si ça arrive, il faut avoir le bon avocat, le bon médecin, et les bons potes.

Bon courage Ă  vous tous et merci pour votre engagement !