Affecté aux quartiers sensibles, Karim, policier en Seine-Saint-Denis depuis 2009, se dit lassé du sentiment d’impunité, mais surtout de la ­banalisation des faits de délinquance et de violence. Défaillance des ­parents, communautarisme, ­influence néfaste des grands frères, laxisme de la justice, manque de soutien de la hiérarchie…

Le policier n’a que des mots très durs contre ce qui constitue, selon lui, une chaîne de responsabilités qui accentuent les difficultés sur le terrain. « Je suis toujours très motivé, précise le gardien de la paix, mais je ne fais plus rien. J’interpelle quand je n’ai pas le choix. Pourquoi se démener alors que la justice ne condamne pas ? On arrête des délinquants et on les retrouve libres quelques heures après. Ça n’a pas de sens. Si j’en fais plus et que cela se passe mal lors d’une intervention, je risque de perdre mon travail. Aujourd’hui, les policiers sont en première ligne de tous les risques, y compris ceux de la ­machine à broyer administrative. » 

Source : Le Figaro