Un présumé dealer meurt noyé dans le canal Saint-Denis après une rixe au crackmarket de Rosa Parks. Une femme de 40 ans est mise en examen, les circonstances restent floues.

Mort dans le canal Saint-Denis : noyade mortelle au cœur du crackmarket de Rosa Parks, une femme mise en examen
Un homme présumé dealer est décédé vendredi après-midi dans le canal Saint-Denis, quai du Lot, dans le XIXe arrondissement de Paris. Sa mort survient dans un contexte de rixe aux circonstances encore indéterminées. Une femme de 40 ans a été mise en examen lundi pour extorsion ayant entraîné la mort, avant d’être remise en liberté sous contrôle judiciaire.
Une noyade en plein crackmarket
Vendredi, vers 16 heures, un riverain alerte la police depuis le quai du Lot, en bordure du canal Saint-Denis, relate Le Parisien. Il déclare avoir assisté à une scène violente : deux individus auraient poussé un troisième dans l’eau. Les secours sont immédiatement dépêchés sur place. Les pompiers repêchent un homme inconscient. Malgré une tentative de réanimation prolongée, son décès est constaté à 17h18. Les analyses toxicologiques réalisées ultérieurement confirment qu’il n’était pas sous l’emprise de stupéfiants au moment des faits.
Le secteur est loin d’être anodin : le quai du Lot, à proximité du boulevard MacDonald, constitue l’un des points névralgiques du trafic de crack parisien, communément désigné sous le nom de « crackmarket de Rosa Parks ».
Des éléments troublants remontés du canal
La brigade fluviale, mobilisée pour les investigations, remonte du fond du canal le sac appartenant à la victime. Son contenu interpelle : 350 euros en espèces, deux téléphones portables et trois cailloux de crack. Des éléments qui orientent rapidement les enquêteurs vers l’hypothèse d’un différend lié au trafic de stupéfiants.
Plusieurs personnes présentes sur les lieux sont interpellées dans la foulée, dont une femme de 40 ans originaire des Hauts-de-Seine.
Une version des faits contestée
L’audition des témoins fait rapidement évoluer le récit initial. Selon plusieurs personnes interrogées par les enquêteurs, la victime aurait elle-même sauté dans le canal dans le but de récupérer son sac, qui venait de lui être arraché lors d’une bagarre. Elle se serait ensuite retrouvée en difficulté dans l’eau.
Un détail particulièrement saisissant est rapporté par une source proche du dossier : un toxicomane aurait saisi une bouée de secours mais, au lieu de la lancer à l’homme qui se noyait, aurait commencé à jouer avec elle. Peu avant ce drame, une rixe avait opposé la victime à plusieurs individus qui s’en prenaient à ses affaires. S’agissait-il d’un règlement de comptes entre usagers du trafic ? D’une tentative de vol ? D’un conflit territorial ? À ce stade, les déclarations recueillies ne permettent pas d’y répondre clairement.
Une mise en examen, mais des preuves insuffisantes pour la détention
La femme interpellée, âgée de 40 ans, conteste formellement avoir poussé l’homme dans le canal. Un témoin entendu au cours de la procédure affirme même qu’elle serait arrivée sur place après les faits et aurait cherché à mobiliser des secours pour la victime.
Malgré cela, elle est mise en examen lundi pour extorsion ayant entraîné la mort. Le parquet avait requis son placement en détention provisoire. Le juge n’a pas suivi cette demande : la suspecte est finalement remise en liberté sous contrôle judiciaire dans la soirée. Son avocat, Me Thibault Bailly, a souligné l’absence, selon lui, de tout élément démontrant son implication directe dans le décès. La femme, connue pour des problèmes de santé mentale — elle souffre de schizophrénie — est également toxicomane.
L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels autres suspects.
La cellule Rosa Parks en première ligne
Ce drame intervient dans un contexte de mobilisation judiciaire renforcée autour du crackmarket parisien. Depuis avril, la procureure de Paris Laure Beccuau a mis en place une cellule opérationnelle de coordination judiciaire (COJC) dénommée « Rosa Parks ». Ce dispositif couvre le boulevard MacDonald, le quai du Lot et les abords du tramway T3B.
Concrètement, des magistrats référents coordonnent et supervisent l’ensemble des procédures judiciaires initiées dans ce périmètre, dans l’objectif de démanteler les réseaux de deal et de réduire l’insécurité subie par les riverains. Cette affaire de noyade mortelle s’inscrit désormais dans le périmètre d’action de cette structure.
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