Dans les Hautes-Alpes, des centaines de kilos de riz saisis après un vol de fret ont été remis aux Restos du Cœur par les gendarmes de Laragne-Montéglin. De quoi composer près de 5 000 repas pour les plus démunis.

Hautes-Alpes : une cargaison de riz volée devient 5 000 repas grâce aux gendarmes et aux Restos du Cœur
Dans les Hautes-Alpes, une affaire de vol de fret s’est conclue par un geste de solidarité aussi discret qu’exemplaire. En quelques jours d’enquête, les militaires de la gendarmerie de Laragne-Montéglin ont récupéré des centaines de kilos de riz dérobés à un transporteur local. Plutôt que de voir cette marchandise détruite ou absorbée par les procédures administratives, elle a été remise aux Restos du Cœur des Hautes-Alpes, permettant d’envisager la confection de près de 5 000 repas à distribuer dans tout le département.
Une piste remontée en quelques jours
Tout commence par un signalement. Des victimes alertent les gendarmes après la disparition d’une cargaison de fret. Les militaires de Laragne-Montéglin, localité proche de Gap, prennent l’affaire en main sans tarder. Très rapidement, les enquêteurs apprennent que la marchandise est en train d’être revendue, ce qui leur permet d’identifier deux suspects, relate TF1 info.
Les domiciles des mis en cause sont perquisitionnés. L’intégralité du riz, réparti en soixante-treize sacs, est retrouvée intacte. Les deux auteurs du vol ont finalement été condamnés à verser 3 000 euros de dommages et intérêts à la victime.
Des voleurs qui n’avaient pas mesuré leur butin
L’enquête a mis en lumière un aspect pour le moins cocasse de cette affaire. Les malfaiteurs auraient agi par opportunisme, s’emparant d’un chargement sans en connaître la nature exacte, avant de réaliser que la marchandise dérobée n’avait qu’une valeur marchande très limitée — un kilo de riz ne valant que quelques euros à la revente.
Cette méprise n’a pas empêché la procédure judiciaire de suivre son cours. Elle a en revanche ouvert la voie à un dénouement inédit pour le transporteur victime du vol.
Un transporteur fait le choix du don
Adrien Trezzini, gérant de la société Transports Trezzini basée à Laragne-Montéglin, se retrouve face à une situation inhabituelle. Ordinairement, ce type de préjudice est couvert par les assurances et la marchandise récupérée suit les circuits classiques. Mais cette fois, la qualité irréprochable du riz récupéré et son aptitude à la consommation immédiate ont conduit le gérant à prendre une décision différente : faire don de l’ensemble du stock aux Restos du Cœur.
Pour les bénévoles de l’association dans le département, c’est une véritable aubaine. Patrice Sotteau, responsable départemental adjoint de l’antenne des Hautes-Alpes, parle d’un don « exceptionnel », de nature à alimenter potentiellement 5 000 repas redistribués sur l’ensemble du territoire départemental.
Des saisies au service des plus démunis : une tendance qui s’étend
Ce cas n’est pas isolé. En France, plusieurs dispositifs permettent désormais de rediriger vers des associations des biens saisis ou confisqués qui seraient autrement détruits.
Au tribunal de Bobigny, certains scellés sont triés et transmis au Secours populaire plutôt que d’être éliminés selon la procédure habituelle. À l’aéroport de Nice, depuis plus de trois ans, les produits liquides confisqués aux passagers — crèmes, déodorants, gels douche, huiles d’olive — sont collectés chaque semaine par des bénévoles des Restos du Cœur. Un système identique est en place dans les aéroports parisiens.
À l’échelle nationale, ce sont chaque année plus de 60 000 objets qui basculent ainsi vers des circuits solidaires plutôt que vers la benne.
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