Un jeune dealer de 21 ans comparaît deux fois en une semaine devant le tribunal d’Alès. Condamné le lundi pour guet sur un point de deal, il est interpellé le mercredi suivant au même endroit avec 430 grammes de stupéfiants. La magistrate reste « estomaquée ».

Un dealer récidive 48 heures après sa condamnation sur le même point de vente
À Alès, un jeune homme de 21 ans a comparu deux fois en une semaine au tribunal pour trafic de stupéfiants, provoquant la stupéfaction des magistrats
Un scénario presque invraisemblable s’est déroulé au palais de justice d’Alès ce lundi 12 janvier. Un jeune homme originaire du Haut-Rhin, âgé de 21 ans, s’est retrouvé dans le box des prévenus pour la deuxième fois en l’espace de sept jours. Une situation qui a profondément choqué la présidente de l’audience pénale, Élodie Thébaud, qui n’a pas caché son étonnement face à cette récidive express, relate Le Midi libre.
Une première condamnation sans effet dissuasif
Le 5 janvier dernier, ce même individu avait comparu en comparution immédiate pour avoir exercé le rôle de guetteur rue du Lozère, dans le quartier des Cévennes à Alès, un secteur connu pour son trafic de stupéfiants. Le tribunal l’avait condamné à dix mois de prison avec sursis probatoire, assortis d’une interdiction de se présenter dans la commune pendant deux ans.
Pourtant, quarante-huit heures après ce jugement, dans l’après-midi du 7 janvier, les forces de l’ordre l’ont de nouveau interpellé. Cette fois, il ne se contentait plus de surveiller : il vendait directement des produits stupéfiants, exactement au même emplacement.
Interpellation en flagrant délit avec un stock important
Les policiers en civil avaient repéré son manège et décidé d’intervenir. Postitionné dans le hall d’un immeuble, le dealer a accueilli les enquêteurs en leur proposant sa marchandise : « Qu’est-ce qu’il te faut, shit, coke ? ». Une question qui lui a valu une arrestation immédiate.
La fouille a révélé l’ampleur de son activité. Sur lui et dans une sacoche, les enquêteurs ont saisi 240 grammes de résine de cannabis, 52 grammes d’herbe, 139 grammes de cocaïne et 230 euros en espèces. Un butin qui témoignait d’un trafic bien organisé.
La stupéfaction de la magistrate
Face à la présidente Élodie Thébaud, le prévenu a tenté de justifier son acte par des besoins financiers : il avait besoin d’argent pour acheter un billet de train et n’avait plus de téléphone, saisi lors de la première procédure. Une explication qui n’a pas convaincu la magistrate.
« Mieux vaut prendre le train sans payer que se livrer à un trafic de stupéfiants. Vous êtes sorti du tribunal avec une chance et vous y êtes tout de suite retourné. Même pas peur ! », a-t-elle lancé, visiblement décontenancée. « Je reste encore estomaquée de votre présence ici. Ça me paraît ahurissant », a-t-elle ajouté.
Le réquisitoire sans appel du procureur
Le procureur Abdelkrim Grini n’a pas caché son incompréhension. Pour lui, cette récidive immédiate constitue « un constat amer, un constat d’échec ». La condamnation prononcée le 5 janvier n’a manifestement produit aucun effet.
« Ce que vous nous dites est du baratin. Quelle réitération ! C’est se foutre du monde ! », s’est-il indigné. Le ministère public a requis une peine de 12 à 15 mois de prison ferme avec maintien en détention, estimant que seule l’incarcération pourrait avoir un effet dissuasif.
La défense plaide l’immaturité
Me Julie Peladan, avocate du prévenu, a tenté d’expliquer cette récidive par l’immaturité de son client. Selon elle, ce jeune homme de 21 ans n’aurait pas mesuré la portée de sa première condamnation. Les quatre jours passés en détention provisoire à la maison d’arrêt de Nîmes lui auraient finalement « permis de prendre la mesure de la gravité des choses ».
L’avocate a plaidé pour une « gradation de la peine » et sollicité un aménagement sous bracelet électronique ou sous forme de travail d’intérêt général, afin d’éviter l’incarcération ferme.
Une peine de prison ferme et une interdiction départementale
Le tribunal n’a pas suivi cette ligne de défense. Le jeune dealer a été condamné à un an de prison ferme avec maintien en détention. La juridiction a également prononcé une interdiction de paraître dans l’ensemble du département du Gard pendant cinq ans, élargissant considérablement le périmètre d’exclusion par rapport à la première condamnation.
Cette décision marque un durcissement significatif de la réponse pénale face à une récidive jugée particulièrement provocante par les magistrats.
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