Le député marseillais LFI Sébastien Delogu comparaîtra le 9 juin 2026 devant le tribunal correctionnel pour recel de documents volés lors d’un conflit social. Il est accusé d’avoir diffusé sur Instagram des correspondances privées dérobées à un chef d’entreprise, exposant ce dernier à des risques dans un contexte géopolitique tendu.

Un député marseillais convoqué devant la justice pour recel de documents dérobés
Sébastien Delogu, parlementaire LFI des Bouches-du-Rhône, devra s’expliquer le 9 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Marseille, relate Le Parisien. L’élu insoumis est poursuivi pour avoir publié sur les réseaux sociaux des documents confidentiels volés lors d’un conflit social. Cette convocation intervient alors qu’il mène campagne pour les élections municipales dans la cité phocéenne.
Les chefs d’accusation retenus contre le parlementaire
Le parquet de Marseille a confirmé le renvoi en correctionnelle de l’élu pour trois infractions distinctes. Il est poursuivi pour recel de biens provenant d’un vol, divulgation d’informations personnelles exposant un risque direct d’atteinte à une personne, et violation du secret des correspondances. Ces accusations font suite à la diffusion publique de documents appartenant à Isidore Aragones, ancien président du CRIF à Marseille et dirigeant éphémère d’une société de nettoyage.
Le dossier judiciaire repose sur des éléments matériels précis découverts lors d’une perquisition menée en mai 2025 au domicile et à la permanence du député. Les enquêteurs ont retrouvé dans son téléphone portable les photographies des pièces litigieuses, confirmant leur présence entre ses mains avant leur publication sur Instagram.
Un vol commis lors d’une action syndicale
Les faits remontent au 19 septembre 2024, jour où une centaine de délégués CGT ont investi les locaux de l’entreprise Laser Propreté, alors en liquidation judiciaire. Durant cette occupation qui a duré trois heures, Isidore Aragones s’est retrouvé bloqué dans son bureau. À l’issue de cette action, le dirigeant a constaté la disparition d’une pochette cartonnée renfermant des documents strictement personnels.
Parmi les pièces dérobées figuraient notamment un courrier électronique adressé à un haut responsable de l’armée israélienne concernant l’organisation d’une visite officielle française en Israël. Le dossier contenait également des échanges avec une agence de voyages pour un séjour au Brésil et des documents relatifs à une transaction immobilière aux enchères.
Publication sur Instagram malgré la nature sensible des informations
Cinq jours après la disparition, le 24 septembre 2024, le député a diffusé ces mêmes documents sur son compte Instagram suivi par 95 000 abonnés. Dans ses publications, il a révélé des informations sur les déplacements du plaignant, affiché des factures et dévoilé sa correspondance privée. La pochette volée est même apparue brièvement en arrière-plan d’une vidéo.
L’élu a justifié cette divulgation en affirmant que ces documents lui avaient été « transmis par des gens bienveillants ». Il a maintenu que son objectif était d’alerter sur des suspicions de malversations financières au sein de l’entreprise Laser Propreté, société alors au cœur d’un conflit social touchant le nettoyage du métro et de la gare Saint-Charles.
Une plainte déposée pour mise en danger
Face à cette diffusion publique d’informations ultra-sensibles, Isidore Aragones a déposé plainte le 2 octobre 2024. Le plaignant a estimé que la révélation de sa correspondance avec des responsables israéliens, dans un contexte de fortes tensions au Proche-Orient, constituait une mise en danger caractérisée. Une enquête préliminaire a été ouverte le 30 octobre suivant.
Les investigations menées par la brigade financière ont permis d’établir la matérialité des infractions reprochées. Les photographies retrouvées dans le téléphone du député correspondent exactement aux documents disparus des bureaux de Laser Propreté lors de l’intrusion syndicale.
La ligne de défense du député contestée par le parquet
Lors de son audition en mai 2025, Sébastien Delogu a persisté dans sa défense, affirmant avoir agi pour contraindre la justice à enquêter sur des détournements de fonds publics et des fraudes à la Sécurité sociale. Il a déclaré que les signalements émanant de la gauche radicale ne recevaient pas le même traitement judiciaire que les autres.
Cette argumentation n’a pas convaincu le parquet de Marseille. Le procureur Nicolas Bessone a précisé que le signalement pour suspicions d’abus de biens sociaux concernait des faits antérieurs à l’arrivée d’Isidore Aragones dans l’entreprise. Il a également souligné que l’enquête sur Laser Propreté, ouverte le 16 septembre 2024, demeurait totalement distincte du dossier de recel reproché au parlementaire.
Un procès à l’issue incertaine en pleine campagne municipale
Le 9 juin 2026, le député devra comparaître devant la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Marseille. Ce renvoi en jugement constitue un revers pour La France Insoumise, dont plusieurs responsables nationaux avaient défendu leur élu lors de sa garde à vue. L’affaire intervient à un moment délicat pour Sébastien Delogu, engagé dans la campagne des élections municipales marseillaises.
Le parlementaire n’a pas souhaité commenter cette convocation judiciaire. De son côté, Isidore Aragones a également choisi de ne pas réagir publiquement à ce stade de la procédure. L’issue du procès déterminera si les actes reprochés au député caractérisent effectivement les infractions poursuivies ou s’ils peuvent être couverts par l’immunité parlementaire ou la liberté d’expression politique.
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