Un détenu condamné pour viol hospitalisé après un passage à tabac collectif à la maison d’arrêt de Besançon.

Besançon : un détenu roué de coups par ses codétenus, quatre agresseurs condamnés à de la prison ferme
Un homme de 28 ans, incarcéré pour viols, a été victime d’un violent passage à tabac collectif dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Besançon le 3 mai dernier. Hospitalisé en urgence, il souffre de plusieurs fractures. Grâce aux caméras de surveillance, huit agresseurs ont été identifiés. Quatre d’entre eux ont d’ores et déjà été jugés et condamnés cette semaine.
Un tabassage d’une extrême brutalité en plein air de promenade
C’est en début de mois de mai que les faits se sont produits dans l’enceinte de la maison d’arrêt de Besançon. Ce 3 mai, un détenu âgé de 28 ans se trouvait dans la cour de promenade lorsqu’un groupe de codétenus l’a interpellé. Refusant de les rejoindre, il s’est retrouvé encerclé et pris à partie par une dizaine d’individus.
Le jeune homme a été frappé avec une violence extrême, à coups de poings et de pieds répétés, jusqu’à perdre connaissance, relate Ici Besançon. Transporté en urgence au centre hospitalier, il a été diagnostiqué avec plusieurs fractures, notamment au niveau du nez et de la rate. Son incapacité totale de travail (ITT) a été fixée à vingt jours, témoignant de la gravité des blessures infligées.
La loi du silence carcérale : la victime refuse de porter plainte
Interrogé par les enquêteurs sur les motifs de cette attaque, le détenu a lui-même expliqué avoir été traité de « pointeur » par ses agresseurs. Dans le milieu carcéral, ce terme péjoratif désigne les condamnés pour infractions sexuelles, et notamment pour viols. Ces derniers sont fréquemment la cible de brimades, de menaces et d’agressions de la part d’autres détenus.
Malgré la gravité des faits et des séquelles physiques avérées, la victime a choisi de ne pas déposer plainte. La crainte de représailles au sein de l’établissement pénitentiaire l’a conduit à préserver le silence, une réalité courante derrière les murs des prisons françaises.
Les caméras de surveillance confondent les agresseurs
L’exploitation systématique des images de vidéosurveillance de la maison d’arrêt a permis aux enquêteurs d’identifier avec précision plusieurs participants à l’agression. Au total, huit codétenus ont été mis en cause et présentés à la justice cette semaine.
Face aux juges, les versions ont divergé : trois hommes ont reconnu avoir porté des coups, un quatrième a admis sa présence sur les lieux tout en niant avoir frappé, deux autres ont nié toute implication, et un dernier a exercé son droit au silence. À l’issue de procédures de comparutions immédiates, quatre prévenus — dont les trois qui avaient reconnu les faits ainsi qu’un quatrième qui les niait — ont été condamnés à des peines allant de 27 à 30 mois d’emprisonnement ferme.
Trois dossiers en attente, un mis en cause remis en liberté
Parmi les autres personnes mises en cause, trois ont sollicité un délai afin de préparer leur défense : leurs affaires seront examinées ultérieurement. Un huitième individu, quant à lui, a été remis en liberté à l’issue de sa garde à vue, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée dans l’immédiat.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes au sein de l’établissement bisontin. Le mois précédent, un autre détenu avait déjà été agressé dans cette même cour de promenade, soulignant des difficultés persistantes en matière de sécurité intérieure à la maison d’arrêt de Besançon.
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