Quatre jeunes hommes jugés à Bobigny pour avoir prostitué une mineure de 16 ans souffrant de TDAH. Jusqu’à 6 ans de prison requis. Tous nient les faits.

Proxénétisme aggravé à Bobigny : quatre hommes jugés pour l’exploitation d’une adolescente de 16 ans souffrant d’un handicap
Quatre jeunes hommes de 20 à 22 ans ont comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour proxénétisme aggravé et blanchiment. Ils sont accusés d’avoir organisé la prostitution d’une mineure de 16 ans souffrant d’un trouble sévère de l’attention, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise. Tous maintiennent leur innocence. Le parquet a requis des peines allant jusqu’à six ans d’emprisonnement.
Une adolescente vulnérable au cœur d’un réseau organisé
C’est une affaire qui illustre, une fois de plus, la réalité brutale de la prostitution des mineurs en France. Une jeune fille de 16 ans, souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), aurait été recrutée puis exploitée sexuellement par quatre individus originaires d’Aulnay-sous-Bois et de Dugny, relate Le Parisien. Selon l’accusation, la victime — dont le prénom a été modifié pour cette procédure — était déplacée d’un point à un autre du département, contrainte d’enchaîner les rendez-vous tarifés sans aucune protection, parfois jusqu’à trente ou quarante par jour.
Les mis en cause se relayaient pour surveiller les clients et percevoir directement les paiements, demeurant présents sur les lieux pendant les actes. Une organisation rodée, selon le parquet, qui s’appuyait sur des annonces publiées sur des plateformes en ligne et des réservations hôtelières successives pour dissimuler les activités.
Des preuves accablantes malgré des dénégations unanimes
Pendant six heures d’audience, la tension n’a jamais quitté la salle d’audience de la 14ᵉ chambre correctionnelle. Face au président Youssef Badr, les quatre prévenus ont tour à tour rejeté les faits qui leur sont reprochés.
Le premier, désigné par la victime comme le principal organisateur du réseau, affirme ne pas connaître l’adolescente, malgré le fait qu’il réside dans la même commune qu’elle. L’examen de ses comptes bancaires a révélé de nombreux règlements de vingt-cinq euros sur une plateforme de petites annonces pour adultes, ainsi que des réservations hôtelières fréquentes. Le président a relevé le caractère particulièrement évocateur du mot de passe utilisé pour l’une des annonces : « benefmax ». « J’aime voyager », s’est-il contenté de répondre.
Le deuxième prévenu, ancien petit ami de la victime au collège, est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire en introduisant la jeune fille auprès du présumé chef de réseau. Il dénonce une accusation qu’il attribue à un conflit personnel avec les proches de la victime. Les deux autres prévenus, dont l’un se présente comme éducateur de jeunes enfants, ont également nié toute implication.
La famille brisée témoigne de la détresse d’une mineure exploitée
La mère de la victime a pris la parole à la barre avec une émotion difficilement contenue. « Ils l’ont brisée. Ils m’ont brisée, ainsi que toute ma famille », a-t-elle déclaré, qualifiant les prévenus de pédophiles. « On ne fait pas subir trente à quarante passes par jour à une adolescente de seize ans. C’est inhumain. »
L’avocate de la partie civile a rappelé que la présence de la victime à l’audience n’était pas envisageable, dénonçant la stratégie de défense adoptée : « Leur argument, c’est de discréditer la victime. C’est ce que l’on dit quand on n’a pas d’autre argument. » Elle a également rappelé les données nationales alarmantes sur ce phénomène : entre 2017 et 2025, la prostitution des mineurs en France a progressé de près de 350%.
Des réquisitions sévères, un jugement attendu
La substitut du procureur a requis six ans d’emprisonnement et cinq mille euros d’amende à l’encontre du prévenu présenté comme l’organisateur principal du réseau. Les peines requises pour ses trois comparses s’échelonnent entre trois et cinq ans d’incarcération. Le délibéré devait intervenir dans la soirée du même jour.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte national préoccupant, où les réseaux d’exploitation sexuelle de mineurs se structurent de plus en plus autour d’outils numériques et d’individus sans antécédents judiciaires apparents, rendant leur détection d’autant plus complexe pour les enquêteurs.
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ce n’ai pas chère payer , car la gamine elle c’est toute sa vie qu’elle va devoir vivre avec ce qu’ils lui ont fait
C’est inadmissible, comment peut-on prostituer une ado, qui plus est en situation de handicap…
Les hommes qui ont accepté cette relation tarifée sur une ado…. Des abrutis, ils ont bien vu qu’il y avait quelque chose d’anormal…. C’est écœurant….
Ils ont brisé la vie de cette jeune fille…