Lors de la Nuit Blanche 2026, des catholiques traditionalistes ont tenté d’empêcher la maire du 10e arrondissement d’entrer dans l’église Saint-Laurent et bloqué un spectacle artistique. La Ville annonce une plainte.

Nuit Blanche à Paris : la maire du 10e arrondissement aurait été agressée par des militants catholiques traditionalistes
En marge de la 25e édition de la Nuit Blanche parisienne, des militants catholiques ont tenté de bloquer l’accès à une église du 10e arrondissement, avant de s’en prendre physiquement à l’élue socialiste Alexandra Cordebard qui voulait forcer le passage. La Ville de Paris a annoncé son intention de déposer plainte.
Une soirée culturelle tourne en affrontement
Le samedi 6 juin 2026, peu avant 19 heures, un groupe de militants décrits par la municipalité parisienne comme des « intégristes d’extrême droite » s’est mobilisé devant l’église Saint-Laurent, dans le 10e arrondissement de la capitale. Leur objectif : empêcher l’ouverture de cet édifice au public, dans le cadre de la Nuit Blanche, grand rendez-vous artistique annuel organisé par la Ville de Paris, relate BFMTV.
Cette 25e édition était placée sous le signe de l’amour. L’un des événements programmés dans cette église — propriété de la Ville — était l’œuvre Sous la peau du ciel, de l’artiste Marie-Luce Nadal. C’est précisément cette installation que les manifestants entendaient rendre inaccessible au public.
L’élue bousculée et frappée
Alors que la maire du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard, tentait de faire respecter le programme officiel, elle aurait été prise à partie. « J’ai été bousculée avec mon équipe. J’ai personnellement reçu des coups de la part de ces individus, qui voulaient nous empêcher d’entrer », a-t-elle déclaré sur le réseau social X.
Après avoir tenté de bloquer l’entrée, le collectif a organisé une prière de rue aux abords de l’église, avant que les forces de l’ordre n’interviennent pour rétablir l’ordre et permettre la présentation de l’œuvre au public.
La Ville de Paris porte plainte
Face à ces événements, la mairie de Paris a réagi fermement en annonçant son intention de porter plainte. Dans un communiqué officiel, elle a exprimé « son plein et entier soutien à l’artiste » et réaffirmé « son attachement à la liberté artistique, à la pluralité des expressions culturelles et au débat démocratique ».
La municipalité a également promis de « protéger le monde de la culture des fondamentalismes conservateurs et réactionnaires », soulignant que de tels actes d’intimidation ne resteraient pas sans suite judiciaire.
Civitas, groupuscule dissous, pointé du doigt
Le député de Paris Pouria Amirshahi a directement mis en cause le groupuscule Civitas dans un communiqué distinct. Ce mouvement ultraconservateur, officiellement dissous par le gouvernement fin 2023, avait appelé publiquement à perturber cette édition de la Nuit Blanche.
Le choix de cette manifestation comme cible n’est pas anodin : la directrice artistique de l’édition 2026 est la DJ Barbara Butch, qui avait été la cible d’une campagne de cyberharcèlement intensive après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Des mouvances d’extrême droite avaient alors orchestré des attaques virulentes à son encontre.
Liberté culturelle contre radicalisme : un bras de fer qui s’intensifie
Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les défenseurs de la liberté culturelle et des groupuscules radicaux qui multiplient les actions contre des événements artistiques ou des personnalités jugées contraires à leurs valeurs. La réponse judiciaire annoncée par la Ville de Paris marque une volonté claire de ne plus laisser ces actes impunis.
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Profanation d’un lieu qui n’a jamais été destiné à recevoir ces manifestations païennes