Un détenu est mort mardi dans un feu de cellule à la prison des Baumettes de Marseille. Deux autres prisonniers ont été blessés. Une enquête est ouverte.

Mort d’un détenu dans un incendie de cellule à la prison des Baumettes de Marseille
Un homme de la quarantaine a perdu la vie mardi après-midi à la maison d’arrêt des Baumettes, à Marseille, victime d’un feu qui s’est déclaré dans sa cellule. Deux autres détenus ont été pris en charge pour inhalation de fumée. Une enquête judiciaire est ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame.
Un arrêt cardiorespiratoire fatal
C’est aux alentours de 15h00 que les marins-pompiers de Marseille ont été alertés d’un incendie au sein de l’établissement pénitentiaire des Baumettes, relate Le Parisien. À leur arrivée, les secours ont découvert un détenu en état d’arrêt cardiorespiratoire. Malgré les tentatives de réanimation, le médecin urgentiste a constaté le décès sur place.
Deux autres prisonniers, incommodés par les fumées dégagées par l’incendie, ont également nécessité une prise en charge médicale. Leurs jours ne sont pas en danger.
L’origine du feu au cœur de l’enquête
La Direction interrégionale des services pénitentiaires a confirmé le décès et précisé que le parquet de Marseille avait immédiatement été saisi. Une enquête judiciaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du sinistre, dont l’origine pourrait être volontaire.
La victime était un homme d’une quarantaine d’années, condamné pour des faits de vol et dont la libération était prévue en 2027. Selon les premiers éléments, l’homme souffrait de troubles psychiatriques et aurait lui-même mis le feu à sa cellule.
Des prisons françaises au bord du gouffre
Ce fait survient dans un contexte pénitentiaire particulièrement tendu. Au 1er mai 2025, la France comptait 88 654 détenus, un nouveau record absolu selon les statistiques mensuelles du ministère de la Justice. Le taux de sur-occupation global des établissements atteint désormais 140%, une situation qui fragilise durablement la prise en charge des personnes incarcérées, notamment celles souffrant de troubles mentaux.
Fin mai, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait tiré la sonnette d’alarme en dénonçant publiquement ce qu’elle qualifie de « catastrophe pénitentiaire ». Dans un rapport accablant, elle décrit une promiscuité génératrice de tensions et de violences, une surveillance débordée qui favorise les trafics en tous genres, et des conditions de vie indignes pour des milliers de détenus.
Une prise en charge psychiatrique insuffisante en milieu carcéral
La mort de ce détenu souffrant de troubles psychiatriques relance une question récurrente : celle de la capacité du système pénitentiaire français à prendre en charge dignement les personnes vulnérables. Les associations et contrôleurs indépendants alertent régulièrement sur l’inadéquation entre les besoins de soins psychiatriques et les moyens disponibles derrière les barreaux. Ce drame aux Baumettes en est, une fois de plus, l’illustration tragique.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




