Jugé pour une intrusion dans les arènes de Nîmes en pleine corrida, l’influenceur Jeremstar a été relaxé.

Jeremstar relaxé : le tribunal de Nîmes juge que la corrida n’est pas un sport
Poursuivi pour intrusion dans les arènes de Nîmes lors de la feria des Vendanges 2025, l’influenceur Jeremstar a été totalement relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel. Une décision fondée sur un argument juridique inattendu : les arènes ne constitueraient pas une enceinte sportive au sens de la loi.
Une relaxe fondée sur la définition juridique du sport
Le tribunal correctionnel de Nîmes a prononcé ce mardi la relaxe de Jérémy Gisclon, connu sous le pseudonyme Jeremstar, relate Le Parisien. L’influenceur, suivi par plusieurs millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, comparaissait pour être entré sans autorisation dans les arènes de la ville le 20 septembre 2025, en pleine corrida, brandissant une banderole portant le message « F*CK la CORRIDA ».
La présidente Anne-Carine David a motivé sa décision en des termes clairs : selon le tribunal, l’activité tauromachique ne peut être qualifiée de sport au sens juridique du terme. Par conséquent, les arènes ne constituent pas une enceinte sportive, ce qui rend inapplicable l’article du code du sport invoqué par le parquet pour caractériser l’infraction d’intrusion perturbant le déroulement d’une compétition.
Un influenceur qui assumait son acte militant
Lors de son audience du 2 avril dernier, Jeremstar n’avait exprimé aucun regret. L’influenceur avait déclaré avoir agi au nom de PETA France pour dénoncer ce qu’il qualifiait de « spectacles barbares ». Il avait également précisé être intervenu dans l’arène après la mise à mort du taureau, affirmant ainsi qu’aucune compétition n’était en cours à ce moment précis.
Ce mardi, à sa sortie du palais de justice — situé à proximité immédiate des arènes de Nîmes — il a de nouveau été accueilli par un groupe de supporters et de militants de la cause animale brandissant des banderoles anticorrida. Vêtu d’un t-shirt affichant le slogan « Torturer des taureaux est un crime », l’influenceur a reçu le soutien bruyant de ses partisans, tandis que quelques défenseurs de la corrida lançaient des contre-slogans.
Le parquet face à une question juridique centrale
L’enjeu principal du procès portait sur la qualification juridique de la corrida. Pour le procureur Frédéric Kocher, la tauromachie constitue bien une compétition au sens large, impliquant un affrontement ritualisé entre le torero et le taureau. Cette interprétation aurait pu exposer l’influenceur à une peine allant jusqu’à un an d’emprisonnement. Le parquet avait requis une amende de 5 000 à 6 000 euros assortie d’une interdiction d’accès aux arènes.
Le tribunal a écarté cette lecture. En refusant d’assimiler la corrida à une discipline sportive, les juges ont privé le texte du code du sport de toute assise applicable à la situation. À ce stade, aucune indication n’a été donnée quant à un éventuel appel du parquet.
Une décision aux implications potentielles
Au-delà du cas personnel de l’influenceur, la décision nîmoise ouvre un débat juridique plus large. Si elle venait à faire jurisprudence, elle pourrait fragiliser les poursuites engagées contre de futures intrusions militantes dans les arènes françaises, dans un contexte où la question du statut légal de la corrida revient régulièrement devant les tribunaux et dans le débat public.
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