Un homme de 54 ans condamné pour la 47e fois à Rouen après un vol avec violences sur une retraitée à Canteleu. 15 mois de prison ferme.

À Canteleu, il arrache 200 euros à une sexagénaire au distributeur : sa 47e condamnation en trente ans de justice
En trente ans de carrière judiciaire, le tribunal de Rouen n’avait peut-être jamais vu un dossier aussi symbolique de l’échec à enrayer la récidive. Le 8 juin 2026, un homme de 54 ans comparaissait pour vol avec violences sur une femme de 65 ans. Sa 47e condamnation.
Un vol en plein jour devant un distributeur
Le 9 avril 2026, en fin de matinée, une femme de 65 ans retire 200 euros au distributeur de la Banque postale de Canteleu, en Seine-Maritime. À peine les billets en main, un homme surgit, les lui arrache brutalement, la faisant chuter sur le sol, avant de prendre la fuite, relate 76 Actu.
Le coup aurait pu être parfait. Mais un témoin présent sur place intervient, rattrape l’agresseur et récupère la somme volée. Le suspect, âgé de 54 ans et identifié sous le prénom modifié de Kadher, est interpellé dans la foulée par les forces de l’ordre.
« Je ne me souviens de rien »
Quelques semaines plus tard, à la barre du tribunal judiciaire de Rouen, le prévenu adopte une posture déconcertante : il affirme n’avoir aucun souvenir des faits. « Ça ne me ressemble pas du tout, j’ai été choqué de me voir sur les images de vidéosurveillance », déclare-t-il au président de la juridiction.
Une version difficile à défendre face aux preuves. La procureure balaie rapidement ses dénégations : « Les faits sont parfaitement caractérisés. »
47 condamnations, 11 séjours en prison depuis 2015
Ce qui frappe surtout dans ce dossier, c’est le parcours pénal du prévenu. Depuis 1992, il cumule 46 condamnations pour des atteintes aux biens, des violences ou des infractions liées aux stupéfiants. À lui seul, il totalise au moins 11 incarcérations depuis 2015 — date à laquelle s’arrêtent les logiciels judiciaires à la disposition du magistrat.
« Vous vous sentez mieux en détention ou en liberté ? », glisse le président, à mi-chemin entre l’interrogation sincère et le constat d’impuissance. « C’est un peu désespérant », ajoute-t-il.
La récidive au cœur du débat
Face à ce profil hors norme, le parquet et la défense s’affrontent sur une question de fond : la prison est-elle encore une réponse adaptée ?
Pour la procureure, la réponse est sans ambiguïté. « On a tout tenté avec lui. À chaque sortie de détention, il récidive. Seule l’incarcération peut prévenir de nouveaux faits. » Elle requiert 30 mois d’emprisonnement ferme.
L’avocate de la défense concède que son client est « malheureusement un cas désespéré », mais plaide pour une peine aménagée. Pour elle, « la détention n’empêche pas la récidive » et ne saurait constituer la seule réponse de la société. Elle demande un régime de semi-liberté, afin d’explorer une autre voie.
15 mois ferme et 200 euros d’indemnités
Le tribunal a tranché : Kadher est condamné à 15 mois d’emprisonnement sans aménagement de peine. Il devra également verser 200 euros de dommages et intérêts à sa victime, en réparation du préjudice subi.
Une décision qui clôt un dossier judiciaire, sans pour autant répondre à la question que ce procès aura posée en creux : après 47 condamnations, que peut encore faire la justice ?
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