Un ex-directeur de Coallia condamné à 7 ans de prison pour avoir détourné 12 millions d’euros destinés aux migrants vers l’immobilier en Afrique.

Détournement de 12 millions d’euros chez Coallia : un ex-directeur condamné à sept ans de prison
Le tribunal judiciaire de Créteil a prononcé une lourde condamnation contre un ancien cadre de l’association d’aide aux migrants Coallia, reconnu coupable d’avoir détourné près de 12 millions d’euros de fonds publics au profit d’opérations immobilières en Afrique.
Une condamnation à sept ans de prison ferme
Vendredi 11 septembre, la justice a condamné Gaye C., ex-directeur territorial de l’association Coallia, à sept années d’emprisonnement ferme, rapporte Paris Match. Les chefs d’accusation retenus contre lui sont multiples : détournement de fonds publics, escroquerie en bande organisée, blanchiment, prise illégale d’intérêts et corruption.
Au-delà de la peine de prison, le tribunal a assorti sa décision d’une interdiction de quitter le territoire français, une mesure destinée à empêcher le condamné de rejoindre les nombreux biens immobiliers acquis à l’étranger grâce aux sommes détournées. Une amende de 500 000 euros complète le dispositif. Son épouse, Woulimata C., 38 ans, a également été condamnée à trois ans de prison pour complicité de détournement.
Une association au cœur du dispositif d’accueil des migrants
Gaye C. dirigeait depuis l’automne 2012 une unité départementale de Coallia, association fondée en 1962 et spécialisée dans l’insertion, le logement et l’accompagnement des demandeurs d’asile et réfugiés. En 2022, la structure a bénéficié de 148 millions d’euros de subventions publiques, la plaçant au premier rang des associations financées au titre de la mission budgétaire immigration, asile et intégration.
Des sociétés fictives pour détourner les fonds
L’affaire a éclaté au printemps 2023, lorsque Tracfin a signalé des opérations financières jugées atypiques au sein de l’unité de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Les investigations menées par le service départemental de police judiciaire du Val-de-Marne ont mis au jour un réseau de sociétés dépourvues de toute activité économique réelle, ayant néanmoins perçu plusieurs millions d’euros versés par l’association.
Ces fonds, censés financer l’hébergement de personnes migrantes, auraient en réalité été détournés au profit de Gaye C., qui contrôlait la majorité de ces structures fictives. Fait troublant, certains gérants désignés sur le papier étaient en réalité des résidents des foyers gérés par le prévenu, des personnes ne sachant ni lire ni écrire le français.
Des investissements immobiliers au Maghreb et en Afrique de l’Ouest
L’argent détourné aurait ensuite été blanchi via des acquisitions immobilières réalisées par Gaye C. et son entourage familial au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie.
Interrogée sur ces révélations, la direction générale de Coallia a assuré n’avoir eu aucune connaissance des malversations. Son directeur général a évoqué un cadre ayant « profité de la situation et de son statut », en exploitant une faille du logiciel de paiement interne. En décembre 2023, l’association a néanmoins été mise en examen pour détournement de fonds par négligence.
La défense conteste une partie des faits
L’avocat de Gaye C. a dénoncé une condamnation qu’il juge sévère, rappelant l’absence de casier judiciaire de son client et ses 26 années passées en France sans incident judiciaire antérieur. Selon lui, si son client reconnaît la prise illégale d’intérêts, il conteste fermement les faits de détournement de fonds publics.
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Bien beau tout ça, mais l’argent ne sera pas restitué, et les auteurs ne feront pas la totalité de la peine de prison. Donc ,quand on distribue l’argent, on suit le moindre euro,c’est le boulot des institutions, là comme ailleurs, elles sont défaillantes.