Laval : trois policiers escortent un homme sous OQTF jusqu’à Roissy, mais il refuse d’embarquer et est remis en liberté.

Un migrant sous OQTF refuse d’embarquer à Roissy et est remis en liberté, trois policiers de Laval ont fait 600 km pour rien
Vendredi 23 octobre, trois policiers de la brigade d’intervention de Laval ont escorté jusqu’à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle un ressortissant guinéen visé par une obligation de quitter le territoire français. Il a refusé de monter à bord de l’avion. Le syndicat Alliance Police 53 dénonce une opération coûteuse et sans résultat.
Une reconduite qui échoue sur le tarmac
Le vendredi 23 octobre, trois fonctionnaires de la brigade d’intervention de la police de Laval (Mayenne) ont pris la route de la région parisienne, relate Le Courrier de la Mayenne. Leur mission : accompagner jusqu’à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle un homme faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Sur place, l’intéressé, de nationalité guinéenne, a refusé d’embarquer. Selon le syndicat Alliance Police 53, il a invoqué son asthme. Il aurait aussi avancé qu’il pouvait obtenir gratuitement ses médicaments en France, alors qu’en Guinée il faudrait travailler pour se les procurer.
Ce refus d’embarquement a mis fin à l’opération. Conformément à la procédure, l’homme a été remis en liberté.
Quatorze heures de mission et plus de 600 km
D’après les éléments communiqués, la mission a mobilisé les trois policiers pendant une vacation de quatorze heures. Le trajet aller-retour entre la Mayenne et Roissy dépasse 600 kilomètres, avec des frais de carburant et de péage. Le billet d’avion réservé pour l’éloignement n’a pas été utilisé.
Alliance Police 53 monte au créneau
Le lundi 26 octobre, le bureau départemental d’Alliance Police nationale 53 a publiquement dénoncé cette mission. Le syndicat demande que les effectifs soient affectés à de « vraies missions de police ».
Il s’interroge aussi sur l’intérêt de telles opérations dans le contexte actuel. « En plus de cette gabegie financière, quel est l’intérêt d’une telle mission dans une période où les collègues ont besoin de repos tant ils sont sollicités sur les mobilisations diverses… », déclare-t-il.
Un débat récurrent sur les éloignements
Cette affaire relance la question de l’efficacité des reconduites frontières. Un refus d’embarquement peut en effet mettre en échec une procédure qui a mobilisé des moyens humains et financiers importants. Il laisse aussi la personne concernée en liberté, malgré l’obligation de quitter le territoire qui la vise.
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En gui’ée
En guinée cela n’arriverait pas