Harcelé depuis trois ans et agressé, un policier municipal parisien attend un relogement de Paris Habitat, qui affirme avoir formulé trois propositions refusées.

Paris : harcelé à son domicile et agressé, un policier municipal réclame un relogement à Paris Habitat
Agressé en décembre 2024 dans le 20e arrondissement et visé, selon lui, par dû harcèlement en raison de son métier, Aniss demande à son bailleur social de le reloger. Paris Habitat assure lui avoir déjà soumis trois propositions, toutes refusées.
Un appartement soigné, un quotidien sous tension
Près du Cours de Vincennes, dans le 20e arrondissement de Paris, l’immeuble paraît paisible et bien entretenu, relate Le Parisien. L’appartement d’Aniss (le prénom a été modifié) est lui aussi rangé, propre, agrémenté d’un balcon. Pourtant, ce policier municipal parisien décrit un quotidien devenu pesant.
Il est convaincu d’être la cible de harcèlement en raison de sa profession. Il cherche donc à quitter les lieux, mais affirme que sa demande n’a pas abouti auprès de son bailleur, Paris Habitat.
Une famille affectée
Aniss, âgé d’une trentaine d’années, travaille de 21 heures à 7 heures. Ses deux jeunes fils dorment dans la pièce la plus éloignée de la cage d’escalier. Il redoute pourtant que des coups frappés à la porte en pleine nuit ne les réveillent.
Pendant ses absences, son épouse reste seule avec les enfants et vit dans l’angoisse. Quand elle le peut, elle va dormir chez sa sœur. Elle a par ailleurs fait une fausse couche cet été, en partie à cause de ce climat, selon son mari. « Elle est terrorisée et ne supporte plus d’être seule ici », confie-t-il.
Des nuisances depuis les émeutes de 2023
D’après Aniss, tout a commencé il y a environ trois ans, à l’époque des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk. Des sonneries et des coups à la porte, en pleine nuit, auraient visé uniquement son foyer dans le voisinage. Il en a déduit que sa profession était en cause.
En poste depuis 2020, il évite de rentrer en uniforme. Mais son unité est basée dans le bois de Vincennes, et ses interventions nocturnes le conduisent parfois près de son domicile. Certains jeunes du quartier l’auraient ainsi identifié.
Entre 2023 et 2026, il a déposé plusieurs plaintes pour tapage nocturne. Il évoque aussi :
• du courrier sorti de sa boîte aux lettres, ouvert, parfois jeté ;
• une étiquette à son nom arrachée dans le hall ;
• une voiture régulièrement rayée et un vélo volé ;
• des insultes lancées à travers sa porte par des jeunes installés dans l’escalier l’été.
Il reconnaît qu’il est difficile d’établir un lien entre tous ces faits. Il souligne néanmoins que ses voisins n’ont, selon lui, jamais rencontré de tels problèmes.
L’agression de décembre 2024
Le point culminant survient en décembre 2024. Vers 19 heures, Aniss gare sa voiture dans une rue voisine. Trois hommes qu’il ne connaît pas le fixent, et l’un d’eux lui lance qu’il ne « fera pas son chaud ici ». Il lui ordonne ensuite de baisser les yeux, en désignant la police municipale par un terme argotique.
L’un des individus s’approche et le gifle. La bague de l’agresseur lui entaille le visage. Aniss crie pour alerter les passants et les trois hommes s’éloignent. Le visage tuméfié, le policier dépose une nouvelle plainte.
Trois propositions, trois refus
Se sentant menacé, Aniss demande à Paris Habitat un changement de logement afin d’être « mis en sécurité ». Sa hiérarchie a elle aussi sollicité le bailleur à deux reprises. Près de deux ans plus tard, il affirme toujours attendre une proposition adaptée.
Paris Habitat conteste tout retard. Le bailleur affirme que, « conformément à la situation d’urgence », trois propositions ont été formulées rapidement et successivement. Selon lui, elles correspondaient aux souhaits de localisation et de surface exprimés. Il indique que le locataire les a toutes refusées et que le dossier reste actif.
Pourquoi le policier a refusé
Aniss explique ses refus par des inquiétudes liées à la sécurité de sa famille :
• Première adresse : l’inscription « nik la police » est encore visible sur le bâtiment.
• Deuxième et troisième adresses : elles se situent à moins de 800 mètres de son logement actuel, où il craint de croiser les mêmes jeunes.
• Avis des gardiens : à deux reprises, des gardiens lui auraient indiqué que les immeubles n’étaient pas adaptés à son profil, l’un faisant face à un point de deal, l’autre abritant une famille jugée problématique sur le même palier.
Sur place, l’existence du point de deal a pu être constatée. Des habitants décrivent par ailleurs l’autre immeuble, voire toute la résidence, comme « mal famée ».
« Je ne suis pas exigeant, je cherche juste à être tranquille, en sécurité, pas que ce soit encore pire », souligne Aniss. Il dit ne pas comprendre qu’il soit si difficile de lui trouver un appartement sans risque pour sa famille.
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