Neuilly-sur-Marne : le maire réclame 415 000 € aux familles de trois enfants après l’incendie d’un parc. Leurs avocats contestent la démarche et la méthode.

Neuilly-sur-Marne : le maire réclame 415 000 euros aux familles de trois enfants après l’incendie du parc des 33-Hectares
Trois mois après un incendie qui a détruit plusieurs hectares de végétation, le maire de Neuilly-sur-Marne affirme avoir adressé une facture de 415 000 euros aux familles de trois enfants. Leurs avocats contestent à la fois le montant, la méthode et les propos tenus publiquement par l’élu.
Un incendie en pleine canicule
Fin juillet 2026, en pleine canicule, un feu s’est déclaré dans le parc des 33-Hectares, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). À cette période, plusieurs incendies mobilisaient déjà les secours dans le sud-ouest du pays.
Selon les éléments connus, le sinistre aurait été provoqué par l’usage de mortiers d’artifice par trois enfants âgés de 10 et 11 ans. Il a détruit plusieurs hectares de végétation et environ 150 arbres. Aujourd’hui encore, une passerelle et la moitié de l’espace canin restent inaccessibles.
Une facture de 415 000 euros
Le maire, Zartoshte Bakhtiari (DVD), a confirmé avoir envoyé une facture de 415 000 euros aux familles concernées, rapporte Le Parisien. Il affirme que ce chiffre n’a rien d’arbitraire : il serait issu d’une expertise réalisée par un cabinet spécialisé, dont le détail aurait été transmis aux parents. Des mises en demeure auraient été expédiées lundi aux deux familles, deux des enfants étant frères.
L’élu s’appuie sur le Code civil, qui prévoit depuis 1804 la responsabilité des parents du fait de leurs enfants mineurs. Il assure que les faits ne sont plus contestés et que les enfants, entendus en présence de leurs parents, auraient reconnu en être les auteurs.
La défense conteste la démarche
Me Hugo Guagenti, avocat de l’une des familles, affirme que ni ses clients ni sa consœur Me Lucine Bertrand n’ont reçu cette facture. Il relève aussi que le montant a varié au fil des déclarations du maire, évoquant d’abord un million d’euros avant d’arriver à 415 000 euros. Selon lui, la démarche relèverait davantage de la communication que d’une volonté de régler un différend.
Dans un communiqué commun, les deux avocats indiquent ne contester ni la gravité de l’incendie, ni le droit de la commune à faire valoir ses préjudices. Ils dénoncent en revanche des montants qui « ne cessent de fluctuer » et une succession de déclarations publiques dont la défense ne peut vérifier les fondements.
Des mots qui font polémique
Le maire a qualifié à plusieurs reprises les mineurs de « pyromanes » et dit les connaître pour des faits qu’il juge « extrêmement graves ». Il affirme qu’il n’aurait pas tenu le même discours face à un simple accident. Sur Facebook, il a accompagné sa vidéo d’un message sans nuance, dans lequel il écrit : « La racaille doit payer. »
Me Guagenti juge ce vocabulaire inapproprié, rappelant que la pyromanie est une pathologie médicale. Il estime que l’élu « jette les enfants en pâture ». Les avocats dénoncent également des interventions répétées du maire auprès du parquet de Seine-Saint-Denis et du commissariat de Neuilly-sur-Marne, qu’ils assimilent à des tentatives de pression sur le traitement judiciaire du dossier.
Ludovic Toro, président de l’UDI Seine, a apporté son soutien au maire. Il évoque un « immobilisme coupable » du gouvernement et affirme que « le temps de l’impunité est révolu ».
Un dialogue rompu entre les parties
Chaque camp reproche à l’autre de ne pas avoir pris contact. Le maire affirme que les parents ne l’ont jamais sollicité et qu’il n’a reçu qu’un communiqué d’avocate. Les avocats répondent que l’élu a préféré « les réseaux sociaux au dialogue avec la défense ».
Ils préviennent que leurs clients répondront, s’il y a lieu, devant la justice, et qu’ils « n’ont pas à être condamnés sur les réseaux sociaux avant elle ». Le débat porte désormais sur la réalité de l’envoi de la facture, la validité de l’évaluation du préjudice et la portée de la responsabilité parentale dans cette affaire.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
