Mort d’un manifestant de 59 ans à Paris le 17 octobre : l’autopsie évoque une défaillance cardiorespiratoire, la famille met en cause les gaz lacrymogènes.

Mort d’un manifestant à Paris le 17 octobre : l’autopsie évoque une défaillance cardiorespiratoire, la famille porte plainte
Un homme de 59 ans est décédé en marge de la manifestation du 17 octobre à Paris. Selon le parquet, l’autopsie conclut à une défaillance cardiorespiratoire aiguë. Une information judiciaire est ouverte et la famille, qui a déposé plainte contre les forces de l’ordre, met en cause l’usage de gaz lacrymogènes.
Ce que dit l’autopsie
Le parquet de Paris a communiqué mardi 27 octobre 2026 les premières conclusions de l’examen médico-légal. Celui-ci fait état d’une « défaillance cardiorespiratoire aiguë sur un terrain de cardiopathie ». Il relève aussi « l’absence de lésion de prise, de défense ou de maintien ».
Le médecin légiste a toutefois demandé des analyses complémentaires. Les causes exactes du décès restent donc à déterminer.
Une information judiciaire ouverte
Le parquet avait d’abord ouvert une enquête préliminaire. Il a ensuite ouvert mardi une information judiciaire « en recherche des causes de la mort ». Cette procédure permet de saisir un juge d’instruction, qui conduit désormais les investigations.
Celles-ci restent couvertes par le secret. Le parquet précise cependant que la famille, par l’intermédiaire de son avocat, a désormais accès à l’ensemble du dossier.
Une plainte déposée par la compagne
Lundi, Me Youri Krassoulia a déposé plainte au nom de la compagne de la victime, avec qui elle vivait depuis 26 ans. La plainte vise les forces de l’ordre pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il s’agit d’une plainte avec constitution de partie civile.
L’avocat explique cette démarche par l’impossibilité d’obtenir les conclusions de l’autopsie, réalisée vendredi. Le 22 octobre, il avait demandé leur transmission « au plus vite ». Il avait aussi indiqué que Christophe, intermittent du spectacle, n’avait « pas de problème cardiaque ».
Me Krassoulia se dit « très étonné, et même choqué » d’avoir appris ces résultats par voie de presse. Selon lui, « le silence a été la seule réponse des autorités judiciaires » à la famille jusqu’au bout.
Il estime que ces conclusions, associées à l’information judiciaire, rendent envisageable que son client ait succombé à l’usage de gaz lacrymogène. Il réclame que « toute la lumière » soit faite, et que la famille obtienne « la vérité » et « la justice ».
Chronologie des faits
Christophe est décédé rue du Château-d’Eau, qui part de la place de la République. Il participait à la manifestation parisienne. Selon la plainte, il a été exposé « de manière massive » à des gaz lacrymogènes alors que des affrontements opposaient manifestants et policiers sur la place.
Peu après, il aurait exprimé des douleurs et un mal-être, avant de perdre connaissance à 18 h 05. Il a été déclaré mort à 18 h 56. Ces éléments relèvent de la plainte et devront être vérifiés par l’instruction.
Les suites de l’affaire
Les analyses complémentaires et le travail du juge d’instruction devront préciser les circonstances et les causes du décès. À ce stade, aucune responsabilité n’est établie et chaque version reste soumise aux conclusions de l’enquête.
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