Bagui Traoré, frère d’Adama, condamné à deux ans de prison ferme à Pontoise pour tentative d’extorsion sur un parieur de Beaumont-sur-Oise (95). Ce que révèle l’audience.

Bagui Traoré, frère d’Adama, condamné à deux ans de prison ferme à Pontoise pour tentative d’extorsion à Beaumont-sur-Oise
Jugé le mercredi 28 octobre par le tribunal correctionnel de Pontoise, Bagui Traoré, 34 ans, a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Il était poursuivi pour une tentative d’extorsion et des violences visant un habitant de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) qui venait de gagner 120 000 euros aux paris. Il contestait les faits d’extorsion.
Un prévenu déjà lourdement condamné
Bagui Traoré, frère d’Adama Traoré, comparaissait à nouveau devant la justice val-d’oisienne. À 34 ans, il totalise déjà 20 condamnations, dont cinq pour extorsion, relate Le Parisien.
Un gain de 120 000 euros qui fait le tour du quartier
L’affaire jugée mercredi débute avec un gain aux paris. Ali (le prénom a été modifié), habitant du quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise, avait empoché 120 000 euros quelques mois avant les faits. Il aurait ensuite tout perdu en jouant.
« Normalement, quand on gagne de l’argent, on est heureux. On ne se dit pas qu’on va devenir victime dans une procédure », a souligné son avocate, Me Elsa Bouju. La nouvelle s’était vite répandue dans le quartier.
Ali affirme que Bagui Traoré lui aurait réclamé de l’argent et qu’il aurait cédé à trois reprises. Ses déclarations sur ces épisodes sont restées imprécises à l’audience.
Les faits du 10 août devant un bar-tabac
Le plaignant est plus précis sur le 10 août. Ce jour-là, il croise le prévenu devant Le Diplomate, un bar-tabac. Selon lui, Bagui Traoré l’aurait menacé s’il ne remettait pas l’argent réclamé.
Ali dit avoir répondu par un coup de poing. Cet homme, travailleur handicapé atteint de troubles psychiatriques, affirme avoir ensuite été projeté au sol et blessé à l’épaule. Son incapacité totale de travail a été fixée à 15 jours. Il a déposé plainte le 12 août. À une précédente audience, en septembre, il s’était présenté le bras en écharpe.
Deux versions, une vidéo à l’audience
Bagui Traoré conteste toute extorsion. « Sans rien dire, il m’a mis une patate. Il a essayé de m’en mettre une deuxième, mais j’ai esquivé. Il est tombé et il s’est fait mal tout seul », a-t-il déclaré. Il affirme aussi ne rien devoir à Ali et réciproquement.
Le patron du bar-tabac n’a pas assisté aux violences. Il a toutefois vu les deux hommes se relever puis entrer dans l’établissement. Ali lui paraissait sonné. Selon lui, le prévenu reprochait alors à Ali de lui devoir de l’argent, ce qui l’a poussé à s’interposer et à le faire partir.
Les gendarmes ont récupéré les images de vidéosurveillance. Selon les enquêteurs, la gestuelle du prévenu traduirait un comportement vindicatif, ce qu’il conteste. Il assure avoir aidé Ali à se relever et à s’asseoir. Or la vidéo, projetée à l’audience, montre la victime entrant seule dans l’établissement et s’asseyant sans son aide.
Une interdiction de paraître non respectée
Bagui Traoré a déjà été condamné pour extorsion le 20 mars 2024. La cour d’appel de Versailles avait alors assorti sa peine d’une interdiction de paraître dans le Val-d’Oise pendant cinq ans. Sa présence à Beaumont-sur-Oise le 10 août montre qu’il ne l’a pas respectée.
D’après l’enquête, le bornage de son téléphone et des paiements effectués avec ses comptes bancaires indiquent aussi des séjours réguliers dans la commune depuis plusieurs mois. Les gendarmes l’y ont d’ailleurs vu à deux reprises. Le prévenu reconnaît y être venu « quelques fois » pour amener ses enfants chez leur grand-mère.
Il précise que la ligne téléphonique appartenait à sa mère, qui la lui a remise à sa sortie de détention en août 2025. L’enquête a établi que la puce avait été insérée dans trois appareils différents. Sa défense a obtenu que le tribunal réduise la période retenue pour la violation de l’interdiction.
Relaxe partielle et peine prononcée
Le tribunal a prononcé une relaxe partielle pour la fourniture d’identité imaginaire, reprochée lors de son interpellation à Dugny. Le procureur, Luc Pèlerin, a reconnu que l’infraction n’était pas constituée, les policiers n’ayant pas vérifié le nom donné.
Pour le reste, le parquet avait requis 30 mois de prison ferme, assortis de plusieurs interdictions. Le tribunal a retenu deux ans de prison, avec maintien en détention.
Bagui Traoré a par ailleurs interdiction de se rendre dans le Val-d’Oise, d’entrer en contact avec la victime et de se rendre à son domicile pendant trois ans. Il lui est aussi interdit de détenir une arme pendant cinq ans.
Pour sa défense, Me Elsa Marcel a dénoncé un procès de casier judiciaire : « La première chose qu’il m’a dite c’est : J’espère qu’ils ne vont pas juger mon casier. Eh bien, c’est exactement ce qui est en train de se passer. »
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