Procès à Paris : un ostéopathe de 64 ans jugé dès le 12 octobre pour abus de faiblesse, accusé d’avoir encaissé des millions d’euros sous emprise sectaire.

Paris : un ostéopathe jugé pour abus de faiblesse dans un contexte d’emprise sectaire
Un praticien de 64 ans comparaît à partir du lundi 12 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est soupçonné d’avoir exploité la vulnérabilité de 51 clients et perçu près de 13 millions d’euros en six ans. Il conteste les faits.
Un procès très attendu à Paris
Le tribunal correctionnel de Paris ouvre lundi 12 octobre le procès d’Antonino Mercuri, ostéopathe âgé de 64 ans, relate Cnews. Il est poursuivi pour abus de faiblesse, dans un contexte d’emprise sectaire présumée. Il encourt cinq ans d’emprisonnement.
Le praticien se présentait comme le soignant de personnalités de premier plan. Selon l’enquête, il aurait pourtant exercé sur certains patients une influence qualifiée de « gourou », en les coupant peu à peu de leur entourage.
Des patients fragilisés par des épreuves
D’après l’accusation, les victimes présumées traversaient des périodes de grande fragilité : deuil, maladie ou rupture. Le praticien leur aurait tenu un discours ésotérique, promettant de les « libérer » grâce à des « soins ». Certaines auraient été entraînées dans une spirale financière allant jusqu’au surendettement.
Les avocats de cinq parties civiles et de l’Unadfi, association de défense contre les dérives sectaires, décrivent des économies englouties et des interdits bancaires. Certains clients auraient souscrit des crédits à la consommation. D’autres auraient cédé leur patrimoine immobilier pour vivre en colocation avec d’autres membres du groupe, eux aussi exsangues.
Près de 13 millions d’euros en six ans
Entre 2012 et 2018, les enquêteurs estiment que le mis en cause a perçu 12,97 millions d’euros de la part de ses clients. Ils jugent ce montant incompatible avec une activité d’ostéopathie, même haut de gamme.
Il détiendrait en outre une cinquantaine de biens immobiliers, évalués à 26 millions d’euros, et une collection de montres de luxe achetée 2,4 millions d’euros. La Miviludes avait signalé la situation à la justice dès 2015.
Un CV remis en cause
Plusieurs parties civiles auraient été orientées vers lui par une psychothérapeute, elle-même considérée comme sous emprise. Elles étaient d’abord séduites par ce praticien « visionnaire », qui affirmait avoir prolongé la vie de François Mitterrand en le soignant pendant dix ans.
L’enquête a pourtant établi qu’il n’avait rencontré l’ancien chef de l’État, atteint d’un cancer, qu’à deux reprises. Il n’a jamais fait partie de ses soignants attitrés.
Une défense qui conteste tout
La défense réfute ces accusations. Elle estime que ce procès met en cause « les bienfaits des médecines alternatives et de la méditation ».
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