Le député LFI Raphaël Arnault a été entendu en audition libre par la police antiterroriste dans l’enquête sur le meurtre de Quentin Deranque en février à Lyon.

Meurtre de Quentin Deranque : le député LFI Raphaël Arnault entendu en audition libre par la police antiterroriste
Convoqué mardi à la sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret, le député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault a été entendu sous le régime de l’audition libre. Cette démarche s’inscrit dans l’instruction ouverte après la meurtre de Quentin Deranque, militant nationaliste décédé en février à Lyon à la suite d’une agression en meute d’antifas.
Un député entendu en toute discrétion
Selon les informations du Parisien, Raphaël Arnault, 31 ans, s’est présenté mardi dans les locaux de la SDAT, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). L’élu LFI a été entendu dans le cadre de l’information judiciaire consacrée au meurtre de Quentin Deranque. Cette audition intervient environ une semaine après que La France Insoumise a dénoncé une « tentative d’interpellation policière planifiée » visant son député.
Aucune communication officielle n’a accompagné cet entretien. Le parti de Jean-Luc Mélenchon n’a pas réagi publiquement. L’information a toutefois circulé rapidement dans les milieux politiques, jusqu’à l’Assemblée nationale, où le sujet était évoqué dès mercredi soir.
Ce que prévoit l’audition libre
L’audition libre est encadrée par l’article 61-1 du Code de procédure pénale. Elle concerne une personne contre laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction. Contrairement à la garde à vue, elle exclut toute mesure de contrainte.
La personne entendue peut demander l’assistance d’un avocat lorsque les faits relèvent d’un crime ou d’un délit puni d’emprisonnement. Elle a le droit de garder le silence et peut mettre fin à l’entretien à tout moment. La loi ne fixe pas de durée maximale, mais celle-ci doit rester « raisonnable », et un procès-verbal doit être établi.
Rien n’a donc pu être imposé à Raphaël Arnault lors de cette audition. Les questions posées par les enquêteurs, comme les réponses éventuelles du député, n’ont pas été rendues publiques.
Une défense qui affirme sa sérénité
Me Chirinne Ardakani, avocate de l’élu, avait récemment déclaré que son client « n’a rien à se reprocher ». Elle avait ajouté qu’il se tenait « à la disposition de la justice » pour contribuer à la manifestation de la vérité. À ce stade, Raphaël Arnault n’est pas mis en examen.
Les liens avec la Jeune Garde au cœur des interrogations
La SDAT est cosaisie de l’enquête avec trois juges d’instruction lyonnais. Il est plausible que les enquêteurs aient souhaité interroger l’élu sur la Jeune Garde, groupuscule antifasciste d’ultragauche qu’il a cofondé en 2018 à Lyon et dont il a été porte-parole jusqu’en 2022. Le groupe a été dissous par décret en juin 2025.
Parmi les 14 personnes mises en examen figurent d’anciens membres de cette organisation.
Des relations professionnelles et personnelles examinées
Les enquêteurs pouvaient aussi chercher à recueillir l’éclairage du député sur certains mis en examen avec lesquels il a entretenu des liens personnels ou professionnels. C’est le cas de Jacques-Elie Favrot, son assistant parlementaire au moment des faits, et d’Adrian Besseyre, qui a collaboré avec son équipe. Ces éléments relèvent d’hypothèses sur l’orientation de l’audition, dont le contenu reste confidentiel.
Une enquête toujours en cours
L’instruction se poursuit à Lyon. Le contenu de l’audition de Raphaël Arnault n’a pas filtré, et aucune décision judiciaire le concernant n’a été annoncée à ce jour.
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