Un chauffeur Uber de 55 ans est incarcéré à Paris, soupçonné d’avoir violé une passagère. Des preuves ADN retrouvées dans le véhicule.

Paris : un chauffeur Uber incarcéré pour viol sur une passagère, des traces ADN retrouvées dans le véhicule
Un chauffeur de VTC parisien de 55 ans se retrouve derrière les barreaux depuis fin avril, mis en examen pour viol aggravé. Les faits présumés se sont déroulés au petit matin dans le VIIIe arrondissement de Paris, à bord même du véhicule. Malgré des preuves scientifiques et des témoignages concordants, le suspect clame son innocence.
Une nuit festive qui vire au cauchemar
Dans la nuit du 15 au 16 avril, deux amies profitent d’une soirée dans une boîte de nuit du VIIIe arrondissement de Paris, relate Le Parisien. Lorsque la fête se termine aux premières heures du matin, l’une d’elles — appelée ici Élise pour préserver son anonymat — commande un VTC via l’application Uber pour rentrer chez elle. À bord du véhicule, les deux jeunes femmes discutent librement, évoquant notamment la vie amoureuse d’Élise. Le chauffeur, un quinquagénaire prénommé Mourad, les écoute. L’autre passagère descend la première. Élise continue seule vers son domicile, situé à proximité de la place de la Madeleine.
Portières verrouillées, une phrase glaçante
Selon le récit de la victime rapporté devant la chambre de l’instruction de Paris, le chauffeur propose à Élise de terminer la nuit autour d’un café dans un bistrot du quartier, invitation qu’elle décline sans ambiguïté. L’homme ne s’y résout pas. Il lui aurait tenu des propos à caractère sexuel explicite, avant de verrouiller les portières du véhicule depuis son siège. « T’inquiète pas, ça va être rapide », lui aurait-il lancé. Passant à l’arrière, il lui aurait alors fait subir un viol digital ainsi que des attouchements non consentis. Tétanisée, encore sous l’effet de l’alcool ingéré en soirée, la jeune femme aurait tenté de se débattre, de signifier son refus par des gestes et de se tourner vers la vitre pour interpeller d’éventuels passants.
Un appel à l’aide envoyé en direct
Malgré son état de sidération, Élise parvient à alerter son amie par messages depuis son téléphone. Les captures d’écran, récupérées ultérieurement par les enquêteurs, montrent des messages sans équivoque décrivant ce qu’elle est en train de vivre et témoignant de sa détresse. Elle finira par quitter le véhicule en laissant un faux numéro à son agresseur présumé. De retour chez elle, elle contacte le chauffeur via l’application et l’informe de son intention de porter plainte. Le compte Uber de Mourad est suspendu dans la foulée.
Le 18 avril, la victime dépose une plainte formelle auprès des services de police. Reçue par une unité médico-légale, elle se voit attribuer neuf jours d’incapacité totale de travail, en l’absence de lésion physique, ce que les médecins indiquent comme parfaitement compatible avec le type d’agression décrit.
Des traces ADN contredisent la version du suspect
Mourad avait pris les devants en déposant lui-même une main courante au commissariat de Noisiel, en Seine-et-Marne, dans laquelle il décrivait un « guet-apens » et imputait à la passagère une démarche de drague. Interpellé et placé en garde à vue, il nie tout rapport sexuel, affirmant que leurs bras se sont simplement frôlés, et conteste formellement la présence de tout mouchoir en tissu dans son véhicule.
Or, les techniciens de la police scientifique ont relevé des traces de sperme sur la boucle de ceinture de sécurité. Un élément que la défense considère insuffisant pour établir l’existence d’un viol, mais que le parquet place au cœur du dossier. Mis en examen le 24 avril pour viol, Mourad est placé en détention provisoire. Sa demande de remise en liberté, présentée le 12 mai devant la chambre de l’instruction de Paris, est rejetée.
Un père de famille sans antécédents, mais incarcéré
Ressortissant algérien en situation régulière, Mourad est décrit par un expert psychiatre comme ne présentant aucun trouble mental. Son casier judiciaire est vierge. Lors de l’audience tenue en visioconférence, il a plaidé sa cause en invoquant ses responsabilités familiales et son bilan professionnel : plus de 6 000 courses effectuées sans signalement, avec un taux de satisfaction élevé. « J’ai deux enfants qui ont besoin de leur père, j’ai une situation stable », a-t-il fait valoir. Ces arguments n’ont pas convaincu la chambre.
De son côté, Uber a indiqué être « profondément bouleversé » par cette affaire, apporter son entier soutien à la victime et avoir coopéré pleinement avec les autorités en leur transmettant toutes les données requises dès le signalement.
L’affaire sera jugée ultérieurement. Mourad est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




