Une femme du Lensois condamnée à 50 000 € d’amende pour prostitution non déclarée. Son compagnon, poursuivi pour proxénétisme, partiellement relaxé à Béthune.

Lensois : condamné pour prostitution dissimulée et proxénétisme, le couple écope de 50 000 euros d’amende chacun
Une femme de 38 ans et son compagnon de 42 ans comparaissaient mardi 5 mai devant le tribunal correctionnel de Béthune. Pendant près de cinq ans, elle s’était prostituée sans déclarer le moindre revenu. L’Urssaf chiffrait le préjudice à plus de 156 000 euros. Au terme de l’audience, les deux prévenus ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.
Une enquête déclenchée par un signalement anonyme
Tout commence en juillet 2023 par un signalement anonyme transmis aux enquêteurs : une personne exercerait une activité de prostitution à son domicile, situé dans le Lensois, via un site internet spécialisé, rapporte La Voix du Nord. Une surveillance téléphonique est alors mise en place. Quelques mois plus tard, en novembre 2023, la femme est placée en garde à vue. L’enquête révèle rapidement que le train de vie du couple est sans commune mesure avec les revenus officiellement déclarés.
Plus de 7 000 euros en espèces sont découverts lors d’une perquisition au domicile. L’Urssaf, partie civile, évalue le manque à gagner pour les caisses sociales à plus de 156 000 euros, hors pénalités.
Un choix assumé, mais des revenus jamais déclarés
À la barre, la prévenue reconnaît sans détour les faits qui lui sont reprochés. « J’aurais dû déclarer, j’ai fauté », admet-elle devant la présidente du tribunal, qui rappelle que la prostitution n’est pas une activité illégale en France, mais que les revenus qui en découlent sont soumis à déclaration obligatoire. La prévenue insiste sur le fait qu’il s’agit d’un choix personnel et librement consenti : le couple, uni depuis vingt-quatre ans, se définissait à l’origine comme libertin.
Son compagnon, poursuivi pour proxénétisme et blanchiment de capitaux, reconnaît pour sa part avoir profité d’argent issu de cette activité, tout en niant avoir exercé la moindre pression sur sa compagne.
Des vices de procédure pointés par la présidente
L’audience a également mis en lumière des irrégularités dans le dossier de l’Urssaf. La présidente du tribunal a relevé de nombreuses erreurs et incohérences dans la procédure déposée par l’organisme, évoquant des noms incorrects et des « copier-coller ratés ». Ces défaillances formelles ont conduit le tribunal à débouter l’Urssaf de ses demandes.
Le verdict : sursis, amendes et saisies
La femme a été reconnue coupable de travail dissimulé sur la période allant de janvier 2019 à novembre 2023. Elle a été condamnée à 12 mois d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 50 000 euros.
Son compagnon a été relaxé du chef de blanchiment, mais reconnu coupable des autres infractions. Il écope de 18 mois de prison avec sursis et d’une amende identique de 50 000 euros. Les liquidités saisies au domicile du couple ont été confisquées. Les deux condamnés disposent de dix jours pour faire appel.
(Merci Rudy van Cappellen)
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République de proxénètes