Un ex-parachutiste blessé en Afghanistan menace un gendarme avec un couteau à Trèbes. Condamné à un an de prison, il pourra être soigné aux Invalides.

Blessé en Afghanistan, il menace un gendarme avec un couteau : un an de prison et soins aux Invalides
Ancien infirmier parachutiste grièvement blessé en opération extérieure en 2012, cet homme de 51 ans a semé la terreur sur la route de Trèbes, dans l’Aude, le 7 mai 2026. Souffrant d’un stress post-traumatique sévère, il a menacé de mort un gendarme à coups d’insultes et de couteau. Jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Carcassonne, il a été condamné à un an de prison avec détention à domicile sous bracelet électronique, assortie d’une prise en charge médicale aux Invalides.
Une confrontation brutale au petit matin
Le mercredi 7 mai 2026, à 7 h 30, un major de gendarmerie circule seul en uniforme sur la route menant au garage du groupement de Carcassonne. La mission est banale : ramener un véhicule. Dans son rétroviseur, un utilitaire Peugeot se manifeste brusquement par des appels de phares répétés, le double à toute allure et lui adresse un doigt d’honneur, relate L’Indépendant.
Quelques kilomètres plus loin, à Trèbes, la scène bascule. Le même véhicule pile brutalement. Son conducteur en descend et s’approche de la fenêtre entrouverte du gendarme. Les menaces fusent immédiatement : « Tu n’as rien à faire tout seul. Descends si tu es un homme, je vais te crever, je n’aime pas les gendarmes. » L’homme retourne à son véhicule et revient armé d’un couteau, réitérant ses menaces de mort.
Le sang-froid du gendarme évite le drame
Face à cette violence extrême, le militaire pose la main sur son arme de service. Profitant d’un moment d’inattention de son agresseur, il démarre et prend la fuite. « J’ai failli commettre l’irréparable. J’ai failli tirer sur un militaire et faire un orphelin. Je suis très marqué », confiera-t-il devant le tribunal, lundi 11 mai 2026.
Un vétéran brisé par la guerre
L’agresseur n’est pas un inconnu des prétoires ni des traumatismes. Infirmier au sein d’une unité parachutiste, il a été grièvement blessé en Afghanistan le 20 janvier 2012, lors d’une attaque menée par un taliban infiltré qui coûta la vie à quatre soldats français. Une balle reçue en pleine tête. Dix ans plus tard, en 2022, une chute de toit lui vaut un grave traumatisme crânien supplémentaire.
Diagnostiqué avec un syndrome de stress post-traumatique (PTSD), il souffre de « colères incontrôlées », selon l’expert psychiatre entendu à l’audience. Son discernement n’est pas aboli mais altéré. « Je suis dans une théorie du complot permanente. Comme j’ai perdu un œil, j’ai toujours l’impression d’être regardé de travers », a-t-il expliqué à la barre, ajoutant qu’il s’était emporté parce que le véhicule du gendarme « avait un feu qui ne marchait pas ».
Le jour des faits, son traitement médicamenteux destiné à réguler son humeur avait été vomi la veille en raison d’une intervention chirurgicale bénigne, et il n’avait que peu dormi.
Un profil récidiviste qui inquiète le tribunal
Le tribunal n’ignorait pas les antécédents du prévenu. Son casier judiciaire mentionne déjà une condamnation à un an avec sursis probatoire. Avant cette affaire, il avait proféré des menaces contre une secrétaire de mairie, un élu, un autre gendarme et s’était querellé avec un automobiliste. « Vous avez été une victime mais depuis c’est vous qui faites des victimes. Il va bien falloir que ça s’arrête », a rappelé la présidente Anne Nappez.
La procureure Géraldine Labialle avait requis trente mois de prison ferme avec maintien en détention et révocation du sursis probatoire, estimant que l’accusé « ne peut pas toujours s’abriter sur des excuses de vie ». La défense, assurée par Maître Hichem Laredj, a plaidé la nécessité de soins : « Il est suivi par les médecins militaires aux Invalides. On ne sait pas comment traiter cette pathologie. Et on veut l’envoyer quatre ans en prison ? »
Une dernière chance sous surveillance
Le tribunal a finalement prononcé une peine d’un an de prison aménagée sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique, sans révoquer le sursis probatoire. Cette décision permet au condamné d’être hospitalisé aux Invalides, à Paris, comme prévu le 31 mai prochain. Un avertissement sans équivoque a été adressé : « Vous ne pouvez plus commettre ces faits. Sinon il n’y aura pas d’autre choix que des peines longues. »
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Quelle tristesse !! Courage à ce gendarme qui a été choqué.
Cet ancien militaire menace un gendarme, il faut vraiment avoir un problème.
Il me semble que tous nos militaires blessés, en stress post traumatique, ne sont pas assez pris en charge, aidés.
C’est la même chose pour nos FDO, on ne les soutient pas assez….