Un pédocriminel condamné à 18 ans de réclusion a été remis en liberté par la cour d’appel de Rennes suite à un défaut de procédure. Retour sur ce dysfonctionnement majeur qui permet à l’accusé de comparaître libre, suscitant l’indignation des parties civiles.

Erreur de procédure à Rennes : un pédocriminel récidiviste libéré avant son procès en appel
C’est un scénario redouté par l’institution judiciaire qui s’est concrétisé fin décembre. Suite à une omission administrative du parquet général, un homme condamné en première instance pour des faits gravissimes de viol incestueux a pu quitter sa cellule. Il comparaîtra libre devant les assises dès ce mercredi.
L’affaire provoque un vif embarras au sein de la cour d’appel de Rennes. Un père de famille de 39 ans, détenu à la maison d’arrêt de Nantes et condamné fin 2024 à une peine de 18 ans de réclusion criminelle, a recouvré la liberté le 27 décembre dernier. Cette sortie de prison n’est pas le fruit d’une décision sur le fond, mais la conséquence directe d’un dysfonctionnement procédural, permettant à un profil jugé dangereux de se présenter libre à son second procès, relate Le Télégramme.
Un profil lourdement condamné par le passé
Le parcours judiciaire de l’accusé, un informaticien, est marqué par la récidive. Avant sa condamnation aux assises, son casier judiciaire portait déjà la trace de trois condamnations antérieures pour consultation de sites pédopornographiques.
L’homme avait été incarcéré en 2022 après sa mise en cause pour des faits de viol commis sur son propre enfant, un bébé âgé de neuf mois, ainsi que pour la diffusion de contenus pédopornographiques sur le Darknet. C’est pour ces crimes qu’il avait écopé d’une lourde peine de 18 ans de prison, un verdict dont il a immédiatement interjeté appel.
Une omission aux lourdes conséquences
Dans l’attente de ce nouveau procès, qui s’ouvre ce mercredi 21 janvier 2026 devant la cour d’assises d’appel d’Ille-et-Vilaine, le maintien en détention de l’accusé nécessitait une démarche spécifique. La loi impose en effet que le parquet général saisisse la chambre de l’instruction pour obtenir une prolongation exceptionnelle de la détention provisoire.
C’est cette étape cruciale qui a fait défaut. Le secrétariat du parquet général a confirmé que la requête n’a pas été déposée dans les délais impartis. Face à ce vide juridique, l’administration pénitentiaire n’a eu d’autre choix que de procéder à la levée d’écrou. Bien qu’un contrôle judiciaire ait été mis en place 48 heures plus tard, le mal est fait : l’accusé se présentera à la barre sans escortes pénitentiaires.
L’indignation des parties civiles et la surcharge des tribunaux
Cette libération inopinée a provoqué la colère des représentants de l’association Innocence en danger, partie civile au dossier. Pour Me Mathias Darmon, la situation est “aberrante” et inédite. L’avocat souligne l’impact psychologique potentiel sur les jurés : la perception d’un accusé comparaissant libre diffère radicalement de celle d’un homme dans le box des accusés, ce qui pourrait, selon lui, influencer l’issue de l’audience.
Du côté du ministère public, on ne nie pas l’erreur, tout en la replaçant dans un contexte de tension extrême. Les juridictions criminelles de l’Ouest font face à une explosion du contentieux. À la fin du premier semestre 2025, le stock de dossiers en attente de jugement à Rennes avait bondi de 25%, atteignant 362 affaires criminelles. Si une enquête interne a été diligentée pour sécuriser les procédures à l’avenir, ces explications peinent à apaiser le sentiment d’injustice ressenti par les victimes face à la libération d’un multirécidiviste.
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ils vont relacher un Monstre ?
Je risque d’ĂŞtre ENCORE censurĂ© pour mon commentaire. j’arrĂŞte lĂ !