Un agent de la police municipale de La Verrière (Yvelines), également pompier volontaire, a été placé en détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir déclenché plusieurs incendies pour intervenir dessus en premier. Retour sur une enquête qui mêle frustration professionnelle et pulsions incendiaires.

Yvelines : le “pompier pyromane” portait l’uniforme d’ASVP de la police municipale
Un jeune agent de 22 ans, cumulant les fonctions d’ASVP à La Verrière et de pompier volontaire dans le Val-d’Oise, a été placé en détention provisoire. Il a reconnu avoir provoqué des incendies pour mieux les éteindre, invoquant un besoin de reconnaissance.
C’est un scénario connu des experts psychiatres, mais qui surprend toujours lorsqu’il touche les rangs des forces de l’ordre. Un homme censé protéger la population se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux, accusé d’être à l’origine du danger qu’il combattait avec zèle. Interpellé mardi 20 janvier, cet agent de surveillance de la voie publique (ASVP) devait être jugé en comparution immédiate au tribunal de Versailles. Son procès a finalement été renvoyé au mois de mars, laissant l’accusé en détention provisoire le temps de préparer sa défense.
Le syndrome du héros
L’affaire débute en octobre dernier, lorsque la commune de La Verrière (Yvelines) est touchée par une série d’incendies suspects. Très vite, un profil se détache : celui d’un nouvel agent municipal, recruté quelques semaines plus tôt. La récurrence de sa présence sur les lieux des sinistres intrigue.
Le mode opératoire interroge les enquêteurs : à chaque départ de feu, le fonctionnaire est étonnamment seul en service. Premier sur place, il parvient systématiquement à maîtriser les flammes, rédigeant par la suite des rapports d’intervention particulièrement détaillés, mettant en avant sa bravoure et son efficacité. Une attitude qui, couplée à son statut de pompier volontaire au centre de secours d’Osny (Val-d’Oise), commence à dessiner les contours d’un “pompier pyromane”.
Vols de matériel et tensions internes
Au-delà des incendies, le comportement du jeune homme au sein du poste de police municipale éveille les soupçons de sa hiérarchie. Des tensions apparaissent rapidement avec sa supérieure, exacerbées par la disparition inquiétante de matériel sensible : des radios et un gilet pare-balles manquent à l’appel.
Placé sous surveillance discrète, l’agent finit par présenter sa démission face à la dégradation de ses relations professionnelles. Cela n’arrête pas pour autant les investigations de la police nationale. L’analyse de la téléphonie du suspect et les recoupements d’horaires permettent de consolider le dossier. Les forces de l’ordre procèdent finalement à son interpellation sur son autre lieu de travail, la caserne de pompiers d’Osny.
Des “pulsions” par manque de reconnaissance
Les perquisitions menées à son domicile d’Achères et dans son véhicule confirment les soupçons de vol : le matériel de police disparu y est retrouvé, ainsi qu’une arme de type Airsoft.
En garde à vue, l’attitude du suspect, décrite comme “froide” et “détachée” par une source proche du dossier, a fini par se fissurer. Le jeune homme est passé partiellement aux aveux, reconnaissant être l’auteur de deux des trois incendies incriminés. Pour justifier ses actes, il a évoqué des “pulsions”, expliquant avoir souffert d’un “manque de reconnaissance professionnelle”. Une quête de légitimité qui le conduira, en mars prochain, dans le box des accusés.
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