Coup de filet spectaculaire à Lyon : la police a interpellé cinq hommes lourdement armés, suspectés d’être des tueurs à gages colombiens. Un carnage sur fond de trafic de stupéfiants a probablement été évité près de Perrache.

Lyon : un commando lourdement armé neutralisé, le spectre d’un bain de sang écarté
Selon les informations du Monde, la police judiciaire a procédé à l’interpellation de cinq ressortissants colombiens dans la nuit de dimanche à lundi. Surarmés et organisés, ces individus s’apprêtaient vraisemblablement à exécuter un contrat criminel lié au grand banditisme lyonnais.
C’est une intervention décisive qui a sans doute permis d’éviter le pire dans les rues de la capitale des Gaules. Selon des sources policières concordantes, un coup de filet mené dans la nuit du 19 janvier a permis de mettre hors d’état de nuire une équipe de malfaiteurs particulièrement dangereux, alors qu’ils étaient sur le point de passer à l’acte.
Interpellation sous haute tension Ă Perrache
L’opération s’est jouée aux abords immédiats de la gare de Perrache. Les forces de l’ordre, sur la trace des suspects depuis plusieurs heures, ont intercepté un véhicule volé à bord duquel se trouvaient quatre individus. L’arsenal découvert en leur possession ne laisse que peu de place au doute quant à leurs intentions : les hommes étaient lourdement armés.
Dans la foulée, un cinquième complice a été cueilli dans un appartement qui servait vraisemblablement de base logistique ou de lieu de repli. L’enquête a permis d’établir que le groupe disposait de deux points de chute distincts dans la ville, situés respectivement dans le 2e et le 7e arrondissement, leur permettant de quadriller le terrain.
La piste des sicaires colombiens
Le profil des mis en cause inquiète les autorités. Âgés d’une vingtaine à une trentaine d’années, ces cinq hommes sont des ressortissants colombiens. Selon les premiers éléments de l’enquête, ils auraient patienté de longues heures sur un parking avant de se mettre en mouvement, typique d’une équipe de tueurs à gages en attente d’une cible.
Cette méthode opératoire, froide et militaire, rappelle la présence croissante de main-d’œuvre criminelle étrangère importée pour solder les comptes du narcotrafic hexagonal. Fin 2024, deux ex-militaires de la même nationalité avaient déjà été interpellés en région lyonnaise pour des faits similaires.
L’ombre de la guerre de La Duchère
Cette affaire s’inscrit en toile de fond d’une guerre de territoire sanglante qui mine le quartier de La Duchère (9e arrondissement). Les enquêteurs soupçonnent ce commando d’avoir été mandaté pour éliminer des rivaux dans le cadre de ce conflit pour le contrôle des points de deal.
Au cœur de ce dossier complexe réapparaît le nom de Karim Ben Addi. Surnommé « Fiston », cette figure du narcobanditisme lyonnais est soupçonnée de piloter ces opérations depuis sa cellule en Colombie, où il est actuellement incarcéré. Faisant l’objet d’une notice rouge d’Interpol et arrêté en octobre 2022, il est accusé d’avoir commandité plusieurs fusillades visant aussi bien des concurrents que des fonctionnaires de police. Son extradition vers la France reste un enjeu majeur pour la justice qui le poursuit notamment pour « homicide et tentative d’homicide en bande organisée ».
(Merci Yann Bourguignon)
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