Une policière du commissariat de Tours a été condamnée pour avoir giflé un homme menotté en garde à vue. Détails du jugement et du contexte.

Tours : une policière condamnée pour avoir giflé un homme menotté en garde à vue
Le tribunal correctionnel de Blois a condamné une capitaine de police du commissariat de Tours à quatre mois de prison avec sursis simple, mercredi 16 septembre 2026, pour des violences commises sur un homme menotté lors d’une garde à vue.
Une gifle qui vaut à une policière une condamnation
Les faits remontent au 13 juin 2022, relate La Nouvelle République. Alors qu’un homme se trouvait en garde à vue, menotté, la fonctionnaire de police lui a donné une claque dans le bureau voisin du sien. Le geste, selon les éléments présentés à l’audience, aurait été motivé par une attitude jugée irrespectueuse de l’homme, qui lui aurait adressé plusieurs baisers et un clin d’œil au moment de passer devant elle.
Le tribunal judiciaire de Blois s’est appuyé sur le rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour établir les faits, la policière n’ayant pas comparu à la barre pour s’expliquer sur son geste. Trois témoignages ont permis de corroborer à la fois la violence du geste et l’intention de le commettre.
Un climat interne dégradé au commissariat
L’enquête a révélé que cet épisode ne constituait pas un cas isolé. Le commissariat de Tours traversait alors une période marquée par des tensions internes importantes. Ce sont d’ailleurs des collègues de la policière qui ont alerté l’IGPN peu après les faits, signe d’un climat de travail dégradé au sein du service.
La défense de la fonctionnaire, âgée de 56 ans, a mis en avant des états de service jusque-là exemplaires ainsi qu’un caractère parfois « explosif », selon les termes employés lors de l’audience. Son avocat a précisé qu’elle vivait très difficilement la procédure et qu’elle n’avait pas repris ses fonctions depuis les faits.
Une peine en deçà des réquisitions
Lors de l’audience du 10 septembre, la procureure de la République avait requis quatre mois de sursis simple, assortis d’une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique. Elle avait insisté sur le devoir d’exemplarité qui incombe à tout fonctionnaire, quelles que soient les circonstances.
La défense avait quant à elle plaidé pour une absence de peine ou, à défaut, l’absence d’inscription au casier judiciaire, invoquant la détresse psychologique de la policière. Le tribunal a finalement suivi les réquisitions sur la nature de la peine, mais sans prononcer d’interdiction d’exercer, laissant ainsi la porte ouverte à un retour en fonction.
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