Yvelines : une femme sauvée d’une tentative de meurtre a harcelé un commissariat de 700 appels en 40 jours. Le récit du procès à Versailles.

700 appels en 40 jours : le geste de trop d’une femme sauvée par la police
Une quadragénaire des Yvelines a comparu ce mercredi devant le tribunal de Versailles pour avoir harcelé le commissariat de Plaisir par téléphone, entre insultes et propos incohérents. Derrière ce déferlement, une histoire marquée par un drame personnel.
Un déferlement d’appels nocturnes
Entre le 6 août et le 15 septembre 2026, une femme de 42 ans a multiplié les appels vers le commissariat de Plaisir, dans les Yvelines, relate 78 Actu. Le rythme, souvent nocturne, pouvait atteindre 30 à 50 sollicitations par jour, avec un pic à 89 appels en une seule nuit. Loin de demandes d’aide, ces communications mêlaient insultes, propositions à caractère sexuel et propos décousus, parfois accompagnés d’un fond musical assourdissant.
Sur l’ensemble de la période, les enquêteurs ont recensé près de 700 appels répartis en trois séquences distinctes. La dernière, la plus intense, a compté plus de 300 appels passés depuis plusieurs téléphones différents.
Une alcoolisation massive à chaque interpellation
Chaque interpellation de la mise en cause a révélé un taux d’alcoolémie très élevé, oscillant entre 1,4 et 3,2 grammes par litre de sang. À plusieurs reprises, la justice lui avait accordé une certaine mansuétude, assortie de promesses d’arrêt et d’engagements à respecter une interdiction de contact avec le commissariat. Des engagements qui n’ont pas tenu, jusqu’à cette dernière séquence jugée de trop par les autorités.
Une reconnaissance née d’un drame
Le comportement de la prévenue trouve son origine dans un événement tragique. Le 13 septembre 2023, elle avait été victime d’une tentative de meurtre à Plaisir, rouée de coups par son compagnon à mains nues. Retrouvée quasi inconsciente dans un champ, elle avait été intubée sur place avant une évacuation en urgence absolue, sauvée par des policiers présents fortuitement sur les lieux.
Depuis cet épisode, elle vouait une reconnaissance sans limite aux forces de l’ordre, initialement exprimée par des attentions bienveillantes comme l’apport de gâteaux au commissariat. Cette relation s’est toutefois dégradée sous l’effet de l’alcool, de la perte récente d’un proche et de l’approche du procès aux assises prévu du 27 au 29 octobre, dans le cadre de l’affaire dont elle a été victime. Une procédure pour viol, ouverte durant l’été, a également pesé sur son équilibre psychologique.
« Une querelle familiale », selon la prévenue
Devant ses juges, la quadragénaire a affirmé considérer les policiers comme des membres de sa famille, suscitant l’étonnement du tribunal face au décalage avec les insultes proférées. Elle a expliqué : « Je le faisais parce qu’ils m’ont sauvé la vie. J’étais désagréable quand ils n’étaient pas gentils avec moi. C’était plus une querelle familiale… Mais maintenant que j’y pense, c’est vrai que c’était inapproprié. »
Le procureur de la République a reconnu un parcours de vie marqué par des épreuves multiples, tout en soulignant les conséquences concrètes de ces appels répétés : « On lui a donné plusieurs chances et elle continue. Quand elle téléphone, d’autres attendent. Et pour des choses plus importantes et peut-être urgentes. » La défense a pour sa part dépeint une femme en souffrance, admirative des policiers mais dépassée par ses excès lorsqu’elle est alcoolisée.
Une condamnation avec obligation de soins
Conformément aux réquisitions, le tribunal a prononcé une peine de dix mois de sursis probatoire, assortie d’une obligation de soins psychiatriques et d’une prise en charge pour son addiction à l’alcool. Une interdiction de contact avec le commissariat de Plaisir ainsi qu’une interdiction de se rendre sur les lieux ont également été ordonnées.
(Merci Yann Bourguignon)
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