En Afghanistan, le Code pénal promulgué en janvier 2026 par les autorités talibanes est dénoncé pour sa hiérarchisation des violences faites aux femmes. Militantes et ONG alertent sur l’absence de réponse internationale à la hauteur.

Afghanistan : le nouveau Code pénal accusé d’encadrer les violences conjugales
Promulgué en janvier 2026 par les autorités talibanes, le nouveau Code pénal afghan provoque une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Militantes, ONG et juristes estiment que ce texte consacre un recul supplémentaire des droits des femmes, en particulier dans le cadre des violences au sein du foyer.
Un texte qui suscite une vive alerte
En Afghanistan, le nouveau Code pénal entré en vigueur en janvier 2026 fait l’objet de critiques particulièrement sévères, relate Le Figaro. Plusieurs défenseurs des droits humains considèrent qu’il établit une graduation des violences commises contre les femmes dans la sphère domestique, en distinguant les blessures selon leur gravité et les sanctions encourues.
Pour ses détracteurs, cette logique revient à encadrer juridiquement certaines brutalités au lieu de les prohiber sans ambiguïté. Le texte est d’autant plus contesté qu’il aurait été adopté sans débat public ni consultation, dans un pays où les femmes ont déjà perdu une grande partie de leurs espaces de protection institutionnelle depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021.
Marzieh Hamidi dénonce une nouvelle étape
Parmi les voix qui s’élèvent contre ce durcissement figure Marzieh Hamidi, athlète afghane réfugiée en France et militante pour les droits des femmes. Elle voit dans ce Code pénal une étape supplémentaire dans l’effacement juridique et social des Afghanes.
Selon cette lecture, le problème dépasse la seule question pénale. Il s’inscrirait dans une politique plus large de restrictions successives visant les femmes, déjà touchées par l’exclusion de l’enseignement secondaire et supérieur, les limitations d’accès au travail, la réduction de leur présence dans l’espace public et l’affaiblissement des mécanismes de recours.
Des violences replacées dans une hiérarchie pénale contestée
Les critiques visent notamment le principe même d’une hiérarchisation des atteintes infligées aux femmes au sein du foyer. Des militantes et observateurs estiment que cette architecture juridique envoie un signal politique préoccupant : certaines violences seraient, de fait, traitées comme moins graves ou moins prioritaires que d’autres infractions.
Cette lecture nourrit une accusation centrale : loin de protéger les victimes, le nouveau Code pénal contribuerait à banaliser des violences intrafamiliales en les inscrivant dans un cadre légal perçu comme favorable au contrôle masculin. Pour les organisations mobilisées sur ce dossier, il ne s’agit pas d’un simple débat technique sur les peines, mais d’un basculement plus profond dans la place réservée aux femmes par le pouvoir en place.
Des Afghanes confrontées à une crise multiple
Cette évolution intervient dans un contexte déjà marqué par une profonde crise humanitaire et économique. De nombreuses Afghanes vivent aujourd’hui dans une extrême précarité, privées d’emploi, de revenus stables et, dans certains cas, de liberté de déplacement.
Pour les associations de défense des droits humains, cette fragilité sociale renforce mécaniquement l’exposition aux violences. Lorsqu’une femme ne dispose ni d’autonomie financière, ni de protection judiciaire effective, ni de possibilité réelle de saisir une institution indépendante, sa vulnérabilité s’accroît fortement.
Une communauté internationale jugée trop prudente
Plusieurs ONG, médias d’exil et experts internationaux alertent depuis des années sur la dégradation continue des droits des femmes en Afghanistan. Ils réclament une réponse plus ferme face à ce qu’ils décrivent comme une politique systématique d’exclusion.
Les critiques portent aussi sur l’insuffisance des réactions diplomatiques. Si les condamnations publiques se multiplient, de nombreuses militantes estiment qu’elles restent sans effet concret sur les autorités talibanes. Elles dénoncent un décalage persistant entre la gravité des atteintes signalées et la faiblesse des mesures de pression réellement engagées.
La question de la reconnaissance et des conditions
Au-delà du texte lui-même, le débat porte désormais sur la stratégie internationale à adopter. Des défenseurs des droits humains demandent que toute discussion diplomatique, toute coopération ou tout soutien passe par des conditions claires en matière de libertés fondamentales et de protection des femmes.
Pour ces acteurs, l’enjeu est majeur : éviter qu’une normalisation progressive des relations avec les autorités talibanes ne contribue à banaliser des reculs jugés inacceptables. Dans ce dossier, la question n’est plus seulement juridique. Elle est aussi politique, humanitaire et diplomatique.
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