Un jeune homme de 25 ans est jugé à Besançon pour avoir piégé, manipulé et agressé sexuellement 43 adolescents via un vaste chantage sur les réseaux sociaux.

Chantage sexuel en ligne : 43 victimes attendent justice
Devant la cour criminelle du Doubs, un homme de 25 ans répond d’accusations de viols et d’agressions sexuelles sur des dizaines de victimes. Un dossier glaçant où cyberharcèlement et manipulation ont brisé de nombreux adolescents.
Un piège virtuel implacable
L’affaire qui occupe actuellement la justice franc-comtoise repose sur une manipulation numérique particulièrement élaborée, relate Europe 1. Sur les différents réseaux sociaux, l’accusé se faisait passer pour « Aurélie », une séduisante jeune femme. Ce personnage fictif ciblait spécifiquement des adolescents et parvenait à obtenir des photographies intimes de leur part. Une fois ces images compromettantes en sa possession, le prédateur présumé changeait brutalement de registre pour instaurer un chantage. Les victimes étaient alors sommées d’avoir des relations sexuelles avec l’accusé lui-même, sous peine de voir leurs clichés diffusés à leurs proches.
Le lourd silence des victimes
L’enquête a démarré en 2021 suite au signalement courageux d’un mineur, permettant d’identifier un total de 43 victimes. Il s’agit très majoritairement de jeunes garçons âgés de 13 à 19 ans au moment des faits. La plupart d’entre eux gravitaient dans le même environnement professionnel ou scolaire que le suspect, notamment autour d’un centre de formation agricole de la région. Tétanisés par la honte et craignant les représailles, très peu de ces jeunes ont trouvé la force de se porter partie civile. Lors des perquisitions informatiques, les enquêteurs ont mis au jour de nombreux dossiers contenant les preuves de ces extorsions systématisées.
Le profil complexe de l’accusé
Dès l’ouverture de son procès, le jeune homme a formellement reconnu les faits qui lui sont reprochés. Face à la cour, la défense tente d’expliquer ce comportement destructeur par une profonde difficulté de l’accusé à assumer son orientation sexuelle. Évoluant dans un milieu rural décrit comme viriliste, et sous l’influence d’un environnement familial perçu comme hostile à l’homosexualité, il se serait forgé une carapace agressive. Poursuivi pour viols, agressions sexuelles, harcèlement et atteintes à la vie privée, il risque jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle au terme de ces trois semaines d’audience.
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