Jugés à La Rochelle, deux hommes sont condamnés après l’accident mortel du pont d’Oléron en 2022, où Estelle Roaux a été tuée lors d’une course à vive allure.

Pont d’Oléron : deux prévenus condamnés après la mort d’Estelle Roaux, tuée dans une collision frontale
Près de quatre ans après l’accident survenu le 15 juin 2022 sur le pont de l’île d’Oléron, le tribunal correctionnel de La Rochelle a condamné deux jeunes hommes poursuivis pour homicide involontaire, sur fond de conduite à très grande vitesse. La victime, Estelle Roaux, circulait à moto et rentrait chez elle lorsqu’elle a été percutée.
Les faits : une collision sur le pont, de nuit
Selon les éléments évoqués à l’audience, le drame s’est produit le 15 juin 2022 à 22h32 sur le pont reliant le continent à l’île d’Oléron (Charente-Maritime). Estelle Roaux, âgée d’une trentaine d’années, venait de fermer son restaurant et regagnait à moto son domicile au Château-d’Oléron, où l’attendait son compagnon.
Au même moment, deux véhicules circulaient à vive allure sur l’ouvrage. D’après le dossier, Mamadou M., alors sous-traitant dans l’installation de la fibre optique, suivait de près la voiture conduite par Zidane Junior N.M., collègue et ami de longue date.
Une « course-poursuite » à plus de 110 km/h, selon l’accusation
Selon les informations du Parisien, le tribunal a examiné un scénario décrit comme une « course-poursuite » entre les deux automobilistes, avec une vitesse annoncée à plus de 110 km/h. Zidane Junior N.M. aurait ouvert la marche avant de freiner brusquement pour éviter un autre véhicule.
Mamadou M., qui le suivait à très courte distance (moins de 8 mètres, selon les débats), s’est alors déporté sur la voie opposée. C’est à cet instant que la Renault Kangoo qu’il conduisait a percuté frontalement la moto d’Estelle Roaux, une collision qui ne lui a laissé aucune chance.
À l’audience : demandes de pardon et explications contestées
À la barre, Mamadou M. a exprimé des regrets et a assuré vouloir « assumer » la décision à venir, tout en répétant qu’il n’avait pas eu l’intention de tuer. Il a aussi expliqué qu’il ne voyait pas correctement la chaussée, masqué par le véhicule qui le précédait.
Zidane Junior N.M., de son côté, a soutenu qu’ils cherchaient simplement à rentrer après le travail. Il comparaissait sans avocat, et son attitude a été relevée pendant les échanges avec le tribunal.
Permis, infractions et situation des prévenus
Le tribunal a également abordé la situation administrative et routière des deux prévenus au moment des faits et après l’accident. Zidane Junior N.M. ne disposait pas d’un permis valable en France lors du drame, et des infractions routières ont été évoquées, dont une interpellation ultérieure pour conduite en état d’ivresse.
Concernant Mamadou M., plusieurs comportements dangereux ont été rappelés (excès de vitesse, usage du téléphone au volant, véhicule non assuré). Il a aussi été question d’une période de détention provisoire dans une autre procédure, après une tentative de fuite et l’usage d’une identité usurpée, selon les éléments cités à l’audience.
La douleur des proches au cœur du procès
Constitués parties civiles, les proches d’Estelle Roaux ont décrit l’impact durable du drame. À la barre, la famille a raconté comment la traversée du pont d’Oléron, autrefois associée à des souvenirs, est devenue synonyme de souffrance.
L’avocat du compagnon d’Estelle Roaux a dénoncé une prise de risque routière extrême. L’avocate de la mère de la victime a, elle aussi, insisté sur la gravité des comportements reprochés et sur la nécessité de mesurer la portée des mots et des explications livrées au tribunal.
Réquisitions du parquet et arguments de la défense
Le parquet a estimé que le risque avait été pris en conscience et a demandé une peine identique pour les deux automobilistes, l’un étant présenté comme un auteur indirect de la collision. Les réquisitions portaient sur une peine de prison ferme assortie de sursis, ainsi qu’une interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur pendant plusieurs années.
L’avocat de Mamadou M. a contesté la sévérité des réquisitions, tout en évoquant le contexte matériel du véhicule utilisé pour se rendre sur les chantiers (état et entretien). Il a également insisté sur les conséquences humaines du dossier, y compris pour son client.
La décision : trois ans de prison dont deux avec sursis, peine aménageable
Au terme de l’audience, le tribunal correctionnel de La Rochelle a condamné Mamadou M. et Zidane Junior N.M. à la même peine : trois ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis.
Le permis de conduire de Mamadou M. a été annulé, avec interdiction de le repasser avant deux ans. Pour Zidane Junior N.M., qui ne détenait pas de permis valable, le tribunal a fixé le même délai avant toute nouvelle tentative. La partie ferme de la peine a été prononcée comme aménageable, ce qui signifie qu’ils ne sont pas incarcérés dans l’immédiat dans le cadre de cette décision.
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