À Flassans-sur-Issole dans le Var, une perquisition menée par la gendarmerie, la DDPP et la SPA a permis de saisir 823 animaux vivant dans des conditions d’insalubrité. Ce couple pratiquait un élevage non déclaré pour revendre les bêtes sur Leboncoin. Le parquet de Draguignan a ouvert une enquête pour sévices graves et travail dissimulé.

Var : 823 animaux saisis chez un couple, un élevage clandestin d’une ampleur inédite démantelé
Une opération menée conjointement par la gendarmerie, la Direction départementale de la protection des populations et la SPA a mis fin, le 19 mars, à un élevage illégal exceptionnel dans le Var. Entassés dans des locaux insalubres et sous-alimentés, 823 animaux étaient destinés à être revendus via une plateforme d’annonces en ligne. Le couple mis en cause fait désormais face à de lourdes poursuites judiciaires.
Des signalements qui déclenchent l’enquête
L’affaire remonte à plusieurs mois. Des vétérinaires, des associations de protection animale et des particuliers ayant acheté des animaux alertent les autorités, constatant des troubles du comportement marqués chez les bêtes acquises. Ces signalements convergents conduisent la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Var à diligenter une première inspection sur la propriété d’un couple domicilié à Flassans-sur-Issole, le 2 février dernier.
Les conclusions de cette visite sont accablantes, relate France Info. Selon un communiqué de la gendarmerie, les agents constatent une alimentation nettement insuffisante au regard du nombre d’animaux présents, des installations chargées d’excréments, dépourvues de lumière naturelle et de ventilation, et globalement impropres à l’hébergement des animaux.
823 animaux saisis lors d’une perquisition
Fort de ces premiers éléments, un dispositif d’envergure est mis en place. Le 19 mars, une perquisition associant les gendarmes, la DDPP et les agents de la SPA est menée sur les lieux. Le bilan est stupéfiant : 823 animaux sont découverts et placés sous saisie.
Parmi eux, 237 chiens — principalement des border collies — mais aussi 268 lapins, 267 pigeons, 5 chèvres, 2 cochons, 9 pintades, 12 poules et coqs, ainsi que 19 perruches. La totalité de ces animaux était destinée à la revente sur Leboncoin, sans déclaration d’activité ni encadrement sanitaire.
Un couple dans le viseur du parquet de Draguignan
À la suite de la perquisition, le parquet de Draguignan a ouvert une enquête portant sur plusieurs infractions : exercice illégal d’une activité, abandon d’animaux et sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux domestiques. Entendus en audition libre, les deux mis en cause sont exposés à des poursuites judiciaires.
L’enquête a par ailleurs révélé des flux financiers suspects : plus de 200 000 euros de transactions non déclarées ont été identifiés sur les comptes du couple entre 2020 et 2026, ouvrant la voie à des poursuites complémentaires pour travail dissimulé et revenus non déclarés.
Des peines potentiellement lourdes
Sur le seul chef de sévices graves envers des animaux, les deux suspects s’exposent à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, peines portées à cinq ans et 75 000 euros si des morts ou disparitions d’animaux venaient à être établies. Ces dispositions sont issues de la législation renforcée votée par le Sénat en novembre 2021. Les chefs d’accusation liés au travail dissimulé et aux revenus non déclarés viendraient alourdir considérablement le quantum des peines encourues.
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