Un animateur scolaire montpelliérain de 33 ans, mis en cause par quatorze fillettes âgées de 7 à 12 ans pour des faits d’attouchements et de viol aggravé, a été remis en liberté le 2 avril 2026 par la cour d’appel, malgré les réquisitions du parquet évoquant une « dangerosité criminologique ».

Montpellier : un animateur scolaire libéré malgré les témoignages de quatorze fillettes pour agressions sexuelles et viol
Interpellé à son domicile le 12 mars dernier, un animateur municipal montpelliérain de 33 ans, suspecté d’agressions sexuelles et de viol aggravé sur une quinzaine de mineures âgées de 7 à 12 ans, a été remis en liberté le 2 avril 2026 par la cour d’appel de Montpellier. Une décision prise en dépit des réquisitions du parquet, qui invoquait une dangerosité criminologique avérée.
Dix ans au contact des enfants avant les premières alertes
C’est à l’automne 2024, selon les informations du Midi libre, que les premières signalisations ont afflué vers le commissariat de Montpellier. Plusieurs mères d’élèves ont alerté les enquêteurs sur le comportement jugé suspect de cet animateur, présent en milieu scolaire depuis plus d’une décennie, d’abord comme vacataire puis de façon régulière.
Les déclarations recueillies auprès des enfants dressent un tableau préoccupant. Deux fillettes de huit ans ont indiqué qu’il leur avait proposé, durant la pause méridienne, de le suivre dans une pièce à l’écart pour des massages dispensés au niveau des hanches et des clavicules, les mains glissées sous leurs vêtements. Deux autres enfants ont décrit un scénario comparable : sous prétexte d’effacer une tache de peinture sur leur pantalon ou leur legging, l’homme aurait introduit sa main à l’intérieur de leurs vêtements. Un collègue entendu par les enquêteurs a par ailleurs déclaré avoir été surpris de le trouver allongé sur le sol, en train de se faire masser par plusieurs fillettes.
Des faits qualifiés de viol aggravé dans un centre de loisirs
Des signalements supplémentaires sont venus de familles fréquentant un centre de loisirs du quartier de Grammont. À deux reprises au moins, des parents ont rapporté des gestes similaires — des mains introduites sous les vêtements — et, dans l’un des cas, des actes d’une gravité telle qu’ils ont conduit le parquet à retenir la qualification de viol aggravé sur mineur.
Un responsable de l’établissement avait décrit l’animateur comme « très proche des enfants », ayant tendance à prendre les petites filles sur ses genoux. Une collègue avait pour sa part dénoncé des « gestes inappropriés », l’ayant surpris en train de caresser le flanc d’une enfant.
Suspendu en 2024, interdit de contact avec les mineurs dès mars 2025
Face à l’ampleur des témoignages, la municipalité de Montpellier avait suspendu l’animateur de ses fonctions dès octobre 2024, avant de l’affecter à un poste administratif sans aucun contact avec le public. En mars 2025, cette mesure avait été formalisée par une interdiction définitive d’exercer auprès de mineurs dans le cadre de ses fonctions.
Le 12 mars dernier, les enquêteurs l’ont interpellé à son domicile maternel, où il vit avec sa sœur. Placé en garde à vue, il a admis avoir effectué des massages mais a catégoriquement contesté toute motivation sexuelle. Il a été incarcéré deux jours plus tard.
Un profil psychologique préoccupant, une libération controversée
L’expertise psychiatrique réalisée dans le cadre de l’instruction a mis en évidence, selon la présidente de la chambre de l’instruction, « des anomalies dans le développement psychosexuel » de l’intéressé. Sa sœur cadette, entendue lors des auditions, a également évoqué des comportements déplacés à son encontre durant l’enfance.
Lors de l’audience du 2 avril, le représentant du parquet a plaidé fermement pour le maintien en détention, rappelant que quatorze fillettes ne se connaissant pas avaient livré des témoignages concordants. « Il a usé et abusé de sa qualité d’éducateur », a-t-il déclaré, invoquant un « trouble à l’ordre public » manifeste et une « dangerosité criminologique » justifiant la détention provisoire.
La défense a fait valoir que le risque avait été contenu : l’animateur travaillait désormais dans un bureau, sans contact avec des mineurs. Son avocat a également avancé que certains comportements relevaient peut-être d’une maladresse dans le cadre d’ateliers de bien-être pour lesquels son client aurait reçu une formation spécifique aux massages. La cour d’appel a finalement suivi les arguments de la défense et ordonné sa remise en liberté.
Un contexte régional et national particulièrement tendu
Cette affaire s’inscrit dans un climat alarmant pour le milieu périscolaire héraultais. En juillet 2025, l’arrestation d’une auxiliaire d’une école maternelle proche de Montpellier, soupçonnée de viols et d’agressions sexuelles sur une trentaine d’enfants, avait provoqué une onde de choc dans le département. Dans le même temps, plusieurs affaires impliquant des animateurs du périscolaire ont éclaté en région parisienne, relançant un débat national sur la supervision et le contrôle des adultes en charge de jeunes enfants.
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C’est affolant, cet individu est sensĂ© s’occuper des enfants et non pas faire des massages…