Paris : un professeur algérien d’anglais soupçonné de viols et agressions sexuelles sur des enfants de maternelle placé en garde à vue. Plus de 21 plaintes déposées contre lui.

Paris : un professeur algérien d’anglais en garde à vue, soupçonné de viols sur des enfants de maternelle
Un enseignant d’anglais intervenant dans une école maternelle catholique du 10e arrondissement de Paris a été placé en garde à vue, soupçonné de viols, d’agressions sexuelles et de violences sur de très jeunes enfants. Au moins 21 plaintes ont été déposées, tandis que les familles reprochent à la direction de l’établissement d’avoir tardé à réagir.
Une enquête ouverte depuis début juillet
L’homme, de nationalité algérienne, dispensait des cours d’initiation à l’anglais dans le cadre d’un partenariat avec un organisme extérieur, rapporte Le Parisien. L’enquête, confiée à la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne, a été ouverte début juillet après le dépôt de plainte des parents d’une fillette de 3 ans et demi, victime présumée d’abus sexuels.
Depuis cette première plainte, une vingtaine de familles ont saisi à leur tour la justice, selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier. Les faits présumés visent des enfants scolarisés en petite et moyenne sections, âgés de 3 à 5 ans.
Des cours dispensés hors la présence de l’enseignante titulaire
Les faits reprochés se seraient déroulés lors de séances d’éveil linguistique de 30 minutes, organisées en demi-groupes dans une salle du premier étage de l’établissement, sans la présence de l’institutrice habituelle. L’intervenant se rendait seul dans l’école, rejoignait directement sa classe puis repartait après chaque séance.
Ce type d’initiation précoce à l’anglais s’inscrit dans le cadre d’une circulaire ministérielle datant de 2019, qui permet aux élèves de maternelle de bénéficier d’un premier contact avec une langue étrangère.
La gestion de l’alerte par la direction contestée
Selon plusieurs témoignages de parents, la fillette à l’origine du signalement aurait confié à ses proches que l’enseignant se montrait “méchant” et avait eu des gestes déplacés. La famille aurait alerté la direction de l’école dès la mi-mai via l’application de communication de l’établissement.
Plusieurs parents affirment que la réponse de la direction a d’abord consisté à interroger elle-même de petits groupes d’enfants, une méthode qu’ils jugent inadaptée puisque le recueil de la parole d’un mineur présumé victime relève normalement de professionnels formés à cet effet, et non du chef d’établissement.
Ce n’est qu’à la fin du mois de juin, après le dépôt formel de la plainte des parents concernés, que l’organisme employant l’enseignant l’a suspendu et que la direction a procédé à un signalement auprès du parquet de Paris. Entre l’alerte initiale et cette suspension, plusieurs heures de cours supplémentaires auraient été dispensées par l’intervenant, les parents évoquant une demande d’extension du dispositif à une journée additionnelle.
Une interpellation retardée par la complexité des auditions
L’enseignant n’a pas été interpellé durant l’été, les auditions d’enfants en bas âge suivant un protocole spécifique, plus long à mettre en œuvre. Il aurait par ailleurs été recruté pour la rentrée par un autre établissement, avant d’être placé en garde à vue.
Face à l’inquiétude grandissante, plusieurs parents décrivent une ambiance tendue au sein de l’école, certaines familles redoutant les conséquences d’une médiatisation de l’affaire sur la pérennité de l’établissement. La nouvelle direction, qui a pris ses fonctions à titre intérimaire, a mis fin au partenariat avec l’organisme extérieur et exclu désormais tout recrutement d’intervenant masculin auprès des jeunes enfants.
Contactée, la direction de l’établissement n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade de la procédure.
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