Deux frères présumés administrateurs de NudeLeaksTeens, plateforme d’images intimes volées de plus de 17 000 victimes, ont été arrêtés dans le nord de la France.

NudeLeaksTeens : deux frères arrêtés dans le nord de la France après la fermeture d’une plateforme d’images intimes volées
Une opération synchronisée entre la France et les États-Unis a mis fin à l’activité de NudeLeaksTeens, un site qui aurait fait plus de 17 000 victimes dans le monde, dont des mineures. Ses deux administrateurs présumés, âgés de 21 et 25 ans, ont été interpellés mardi 6 octobre 2026.
Une opération menée des deux côtés de l’Atlantique
Les autorités françaises et américaines ont annoncé de façon coordonnée la fermeture de la plateforme NudeLeaksTeens, dont le nom évoque des fuites d’images intimes d’adolescentes, rapporte L’Yonne républicaine. Deux frères de 21 et 25 ans, soupçonnés de l’avoir administrée, ont été arrêtés dans le nord de la France, selon un communiqué du parquet de Paris.
Un colonel de la gendarmerie, chef de la division des opérations de l’Unité nationale cyber (UNC), décrit des “autodidactes” qui auraient détourné les opportunités offertes par les technologies. Lors des interpellations, les gendarmes ont saisi de nombreux disques durs, téléphones, clés USB et ordinateurs.
Des packs d’images vendus sur trois sites
La plateforme proposait à la vente des “packs” de contenus intimes volés, répartis sur trois sites. Ces images provenaient de plusieurs sources : piratage de comptes de réseaux sociaux, “grooming” (manipulation d’un mineur par un adulte en ligne) et “revenge porn” (diffusion d’images intimes sans consentement, par vengeance).
Selon la procureure de Paris, Laure Beccuau, les victimes sont de toutes nationalités, certaines étant mineures. Les utilisateurs étaient incités, contre une récompense en cryptomonnaie, à fournir des informations d’identification sur chaque femme. Chacune était recensée sous son vrai nom, classée par âge, lieu de résidence et profession, puis notée sur 10 selon son niveau de “beauté”.
Pour le colonel, cette volonté d’identifier les victimes change l’échelle de la menace qui pèse sur elles.
Des “albums” aux contenus parfois pédopornographiques
Le département américain de la Justice indique que le site vendait des “albums” ou “collections”. Ceux-ci contenaient souvent des données personnelles permettant d’identifier les victimes, ainsi que des images dénudées ou d’actes sexuels. Les enquêteurs ont confirmé que certaines victimes identifiées étaient mineures au moment des faits.
Une collection était présentée comme regroupant 6 200 images intimes d’adultes et d’adolescents, principalement américains, issues de comptes Snapchat, Instagram, TikTok et Facebook piratés. Certaines relevaient de la pédopornographie, précise la justice américaine.
700 000 euros en cryptomonnaies saisis
Les enquêteurs français ont saisi chez les deux frères environ 700 000 euros en monnaie virtuelle (Bitcoin, Litecoin, USDT et Ethereum). L’enquête, confiée à l’UNC, porte notamment sur :
• la détention et la diffusion en bande organisée d’images pornographiques de mineurs
• le blanchiment
• la fourniture d’une plateforme en ligne à des fins illicites
• l’atteinte à la vie privée
Les investigations ont débuté il y a 18 mois, à la suite d’un signalement issu de la coopération internationale contre les contenus pédopornographiques et pornographiques. Les trois sites affichent désormais une page noire, avec un avertissement en anglais et les logos des services judiciaires et d’enquête, dont le FBI et l’UNC.
Un appel aux victimes
Les victimes, françaises ou étrangères, peuvent contacter l’Unité nationale cyber à l’adresse victimesNLT@gendarmerie.interieur.gouv.fr. Johanna Brousse, cheffe de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, rappelle que derrière chaque contenu intime volé et diffusé se trouve une victime, et que l’impunité en ligne n’est pas une fatalité. Le colonel souligne de son côté qu’une fois en circulation, les données numériques ne s’effacent pas.
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