Malakoff : un major de police perd deux doigts, écrasés par une porte d’ascenseur lors d’une intervention pour violences conjugales. Suspect en garde à vue.

Malakoff : un major de police perd deux doigts lors d’une intervention pour violences conjugales
Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, à Malakoff (Hauts-de-Seine), un major de police a eu deux doigts de la main droite sectionnés par une porte d’ascenseur. Il venait de participer à l’interpellation d’un homme soupçonné d’avoir menacé sa compagne avec un couteau. Les fragments étant trop endommagés, aucune greffe n’est possible.
Une intervention déclenchée vers 0 h 35
Lundi 12 octobre, vers 0 h 35, des policiers sont appelés pour des violences conjugales dans un immeuble de huit étages de Malakoff, relate Valeurs actuelles. Sur place, ils découvrent un homme fortement alcoolisé, qui aurait placé un couteau de cuisine sous la gorge de sa compagne en la menaçant de mort. D’après les éléments rapportés, il avait consommé de l’alcool durant une grande partie de la journée.
Les fonctionnaires interviennent rapidement, maîtrisent le suspect et le menottent devant l’ascenseur. L’homme reste toutefois agité et agressif, et il insulte les policiers.
Un coup de pied dans la porte de l’ascenseur
La cage d’escalier étant étroite et les effectifs nombreux, les policiers décident de faire descendre l’interpellé en ascenseur. Un major ouvre la porte et garde la main droite posée sur le chambranle métallique. Le suspect prend alors appui sur la balustrade et frappe violemment la porte du pied. Elle se referme brutalement sur la main du policier.
Deux doigts sectionnés, une greffe impossible
Sur le moment, le major, droitier, pense avoir été simplement pincé. En retirant son gant, il découvre la gravité de la blessure : le majeur est sectionné au niveau de la phalange et l’annulaire au niveau de l’ongle.
Un collègue, également sapeur-pompier volontaire, descend chercher la trousse de secours dans le véhicule de police, puis remonte lui prodiguer les premiers soins. Le blessé est ensuite conduit sous escorte motorisée à l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris. Les fragments, récupérés dans le gant et conditionnés, sont trop écrasés pour être greffés.
Le policier est en arrêt de travail pour au moins un mois et demi.
Garde à vue et versions divergentes
La compagne du suspect présente une légère égratignure au cou. L’homme a été placé en garde à vue pour menaces de mort aggravées sur conjoint et pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Il affirme ne se souvenir de rien, invoque un trou noir lié à l’alcool et reconnaît les faits.
Le récit de la victime est très différent de celui du suspect. Elle évoque treize années d’insultes et un climat de terreur, au point d’avoir déjà quitté le domicile. Elle rapporte aussi des injures à caractère raciste, que le suspect conteste. Elle aurait par ailleurs retiré une plainte précédente.
Un policier soutenu jusqu’au ministre de l’Intérieur
Le major blessé a 42 ans et totalise plus de vingt ans de terrain. Il est affecté à Châtenay-Malabry. Il a reçu le soutien de sa hiérarchie locale, du préfet des Hauts-de-Seine et du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Il ne souhaite pas quitter la voie publique. Son objectif est de reprendre le service dès que possible et de pouvoir de nouveau tenir son arme, ce qui devrait rester envisageable selon les premiers éléments médicaux.
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