Drôme : un ex-professeur de musique de 61 ans écope de 4 ans de prison dont 3 avec sursis probatoire pour agressions sexuelles sur onze fillettes à Valence.

Drôme : un ancien professeur de musique condamné pour des agressions sexuelles sur onze fillettes
Le tribunal correctionnel de Valence a rendu sa décision ce jeudi 15 octobre. Un homme de 61 ans, qui enseignait la musique dans plusieurs structures de la Drôme, a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur onze mineures âgées de 6 à 12 ans au moment des faits. Il a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis probatoire.
Des faits commis entre 2016 et 2023
Originaire du Vaucluse, le prévenu comparaissait devant la juridiction valentinoise pour des faits survenus sur une période de sept ans, relate Ici Drôme Ardèche. Il intervenait dans les écoles de musique de Nyons et de Dieulefit, ainsi qu’à la médiathèque de La Bégude-de-Mazenc. Ses élèves apprenaient auprès de lui la flûte ou le piano.
Un mode opératoire décrit de façon identique
Devant le tribunal, les jeunes victimes ont décrit des gestes similaires. Le professeur se plaçait tout contre elles, leur massait les épaules, puis descendait vers la poitrine et le ventre, parfois jusqu’au pubis. D’autres épisodes ont été évoqués : des mains posées sur les cuisses, une fillette placée sur ses genoux contre son gré, ou encore une élève invitée à adopter une position cambrée pour être photographiée.
Le prévenu a soutenu qu’il cherchait à corriger la respiration et la posture de ses élèves. Les débats ont aussi porté sur sa manière de fermer la porte de la salle de cours, parfois à clé, et de s’écarter brusquement d’un enfant au moindre bruit. La présidente du tribunal lui a demandé s’il ne s’agissait pas de la réaction d’une personne craignant d’être surprise.
Des familles et des enfants durablement marqués
À la barre, plusieurs parents ont décrit la détresse de leurs filles. Certaines souffrent d’anxiété ou de cauchemars, et plusieurs ont renoncé à la musique. Une adolescente se dit dégoûtée par son corps et ne supporte plus la présence d’un homme.
Le message d’une victime, aujourd’hui âgée de 13 ans, a été lu par sa mère : « Nous avons grandi trop vite et c’est dégueulasse ».
Le déni du prévenu face aux réquisitions
L’homme a reconnu être tactile, mais a affirmé ne pas avoir mesuré le malaise ressenti par les enfants. Il a nié toute intention sexuelle, tout en admettant qu’il ne renouvellerait pas ces gestes s’il enseignait encore. Le procureur y a vu « un quasi-aveu » et a déclaré qu’on « ne se sert pas de ses élèves comme défouloir à ses pulsions malsaines ».
Le ministère public a également rappelé que l’expertise psychiatrique associe le déni du prévenu à une dangerosité sexuelle difficilement prévisible. L’avocat de la défense a contesté cette analyse. Il a plaidé la relaxe, en affirmant qu’aucune intention sexuelle n’était établie et qu’un comportement jugé « malaisant » ne fait pas d’un homme un agresseur sexuel.
Les sanctions prononcées
Le tribunal n’a pas suivi la défense. Il a condamné l’ancien enseignant à quatre ans de prison, dont trois avec sursis probatoire. Conformément aux réquisitions, il a prononcé :
• l’interdiction définitive d’exercer une profession ou une activité bénévole au contact de mineurs ;
• l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ;
• une obligation de soins ;
• l’interdiction de paraître dans la Drôme.
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