Pillages, incendies et tirs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes : trois policiers blessés par balles, trois interpellations. Le point sur une nuit sous tension.

Guadeloupe : trois policiers blessés par balles lors d’une nuit de pillages et d’incendies à Pointe-à-Pitre et aux Abymes
Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre 2026, des commerces ont été pillés ou incendiés dans l’agglomération pointoise. Des tirs, dont certains à l’arme automatique, ont visé les forces de l’ordre, et trois fonctionnaires de police ont été blessés. Trois personnes ont été interpellées en flagrant délit.
Une nuit de violences dans l’agglomération pointoise
Les premiers troubles ont éclaté samedi soir, autour du quartier d’Anquetil, aux Abymes, relate La 1ère France Info. Des barricades y ont été dressées puis enflammées. Les groupes impliqués ont ensuite étendu leur zone d’action jusqu’au centre-ville de Pointe-à-Pitre, où des effractions de magasins ont été signalées.
Selon la police, plusieurs commerces de la rue Frebault ont été pillés. Aux Abymes, le Carrefour Express a été détruit par un incendie. De nombreux dégâts annexes ont également été constatés dans les deux communes.
Des tirs contre les forces de l’ordre
Les policiers déployés sur place, qui ont utilisé du gaz lacrymogène, ont été la cible de jets de projectiles et de mortiers d’artifice. Des individus ont ensuite fait usage d’armes à feu, dont des armes automatiques. Le RAID et le PSIG sont intervenus, et le GIGN a été appelé en renfort.
Trois fonctionnaires ont été légèrement blessés par des tirs. L’un d’eux doit être opéré dimanche pour l’extraction d’un projectile logé dans la jambe, a précisé la Direction territoriale de la police nationale (DTPN).
Cinquante à soixante individus mobilisés
D’après la DTPN, cinquante à soixante personnes ont participé aux exactions. Pour la plupart, elles étaient cagoulées, vêtues de noir et armées. La Brigade anticriminalité (BAC) a interpellé trois suspects en plein pillage, tandis que l’identification des autres se poursuit.
Le commissaire général Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, a évoqué une hypothèse : les barrages du rond-point d’Anquetil auraient pu servir à détourner l’attention des policiers avant les pillages à Pointe-à-Pitre. Il a décrit de nombreux incendies à partir de minuit, au centre-ville de Pointe-à-Pitre comme aux Abymes. Selon lui, une dizaine de magasins pourraient avoir été touchés, un chiffre qui reste à préciser.
Un contexte de mobilisation sociale
Depuis mercredi, le collectif Nou Las Palé, qui rassemble des organisations diverses et des socioprofessionnels, porte plusieurs revendications : l’accès à l’eau, la vie chère et les prix des carburants. Le mouvement s’est traduit par de multiples blocages, dénoncés par certains en raison de leur impact sur l’activité économique locale.
Les autorités constatent par ailleurs une multiplication des tirs visant des agents et des militaires des forces de sécurité en Guadeloupe.
Retour au calme et suites
À 7 h dimanche, le calme semblait revenu dans l’agglomération pointoise. Une cellule de crise a été activée en préfecture, et les commerces cambriolés étaient en cours de sécurisation. Le bilan définitif des dégâts et le nombre exact de magasins touchés doivent encore être établis.
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