Au dépôt du tribunal de Bobigny, des avocats dénoncent des conditions « indignes » pour des mineurs interpellés : froid, 10 matelas, cellules de 6 m² à deux…

Tribunal de Bobigny : des avocats dénoncent des conditions « indignes » pour les mineurs interpellés lors des mobilisations lycéennes
Après une visite au dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny, le mercredi 21 octobre 2026, quatre membres du conseil de l’Ordre du barreau de Seine-Saint-Denis décrivent des conditions de détention jugées « indignes » pour des adolescents placés en garde à vue ou déférés dans le cadre du mouvement lycéen. Leur rapport évoque le froid, le manque de matelas et des cellules exiguës.
Une visite à l’aube, un rapport transmis en urgence
Le mouvement lycéen en Île-de-France a entraîné de nombreuses gardes à vue et de nombreux défèrements de mineurs. Pour constater les conditions d’accueil de ces jeunes, quatre membres du conseil de l’Ordre se sont rendus au dépôt du tribunal de Bobigny, entre 6h20 et 7h35. Ils ont échangé avec les mineurs et avec le personnel, puis ont établi un relevé cellule par cellule, relate Le Parisien.
Selon Me Guillaume Arnaud, l’un des avocats présents, 21 mineurs se trouvaient alors au dépôt. Dix-sept d’entre eux étaient concernés par des procédures liées aux « révoltes lycéennes ». Plusieurs visites avaient déjà eu lieu dans des commissariats depuis le début de la mobilisation. Face à ce qu’ils ont observé, les avocats ont rédigé un rapport et l’ont communiqué en urgence à l’ensemble des parties.
Dix matelas pour le deuxième tribunal de France
Une partie des adolescents auraient passé toute la nuit sur place, sans réelle possibilité de dormir. D’après Me Arnaud, le tribunal de Bobigny, deuxième de France, ne disposerait que de dix matelas, distribués selon une logique de « premier arrivé, premier servi ». Il décrit des jeunes de 14 à 17 ans dormant « à même le béton », parfois à deux dans des cellules de moins de 6 m².
Les photographies jointes au rapport illustrent ces conditions. Dans la cellule 27, deux jeunes sont allongés au sol dans un espace très étroit. Dans la cellule 31, un adolescent de grande taille fait face à un couchage trop petit pour s’y étendre. Le rapport indique que les occupants étaient seuls, deux, trois, voire cinq par cellule, alors que « des cellules collectives sont vides ».
Froid, hygiène et soins : des situations inégales
Le froid est évoqué par de nombreux mineurs. Les avocats ont observé des tremblements chez au moins trois d’entre eux. Chacun n’a reçu qu’une couverture de survie.
L’accès aux toilettes varierait d’une cellule à l’autre. Certains mineurs pouvaient y aller sur simple demande, d’autres devaient crier pour l’obtenir. L’accès à un médecin serait tout aussi inégal : plusieurs jeunes en ont consulté un, dont deux vers 1h30, tandis que d’autres disent n’avoir vu personne ni reçu de proposition. Les médecins étant peu nombreux, la priorité irait aux personnes sous traitement, afin d’en assurer la continuité.
Côté hygiène, certains mineurs ont reçu un kit (lingettes, mouchoirs, serviettes hygiéniques), mais pas tous. Dans une cellule occupée par deux jeunes filles, l’une d’elles a reçu un kit destiné aux hommes, sans protection périodique, alors qu’elle avait ses règles. Selon le rapport, l’une des deux mineures « semble très fragilisée » et demande si elle pourra voir un psychologue. Les repas se sont limités à des sandwichs et à des bouteilles d’eau, le petit-déjeuner n’étant annoncé qu’en fin de visite.
Le barreau met en cause la circulaire du 2 octobre
Me Arnaud juge ces conditions « dégradantes » et s’interroge sur la confiance que ces enfants pourront accorder à l’institution judiciaire. Selon lui, le défèrement n’est pas la seule solution : si les conditions d’un accueil digne ne sont pas réunies, d’autres options doivent être envisagées, d’autant que des mineurs convoqués se présenteraient.
Dans une publication sur LinkedIn, le barreau de Seine-Saint-Denis estime que ces situations découlent directement de la circulaire du garde des Sceaux du 2 octobre 2026. Ce texte demande aux parquets une réponse pénale « ferme et rapide » envers les mineurs interpellés en marge du mouvement lycéen. L’institution exige que les mineurs ne passent plus la nuit au dépôt dans ces conditions et annonce qu’elle poursuivra ses visites jusqu’au rétablissement de la situation.
Le syndicat CGT Police ne se dit pas surpris
Représentant du secrétaire national de la CGT Police, Christophe Torchy affirme que « rien ne l’étonne » dans ce rapport, que ce soit pour les personnes gardées à vue ou pour les agents chargés de leur surveillance. Selon lui, les conditions dans de nombreux locaux de sûreté sont « infectes ». Il évoque des cellules rénovées qui se dégradent vite, un matériel régulièrement manquant et des effectifs insuffisants pour assurer la surveillance dans de bonnes conditions.
À ce stade, le parquet de Bobigny et la préfecture de police de Paris n’ont pas répondu aux sollicitations. Leur version pourra être ajoutée dès qu’elle sera connue.
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Les avocats devraient plutôt s’interroger sur pourquoi ces »adolescent » sont là à Bobigny et pas s’ils ont bien eu leur café croissant
tout à fait mais de quels origines sont ces avocats??????
les avocats sont les déchets de notre société, ces jeunes ne méritent que ça , allez dans les prisons d’Amérique du sud , ils sont parqués à 100 dans un endroit et dorment les uns après les autres , ça c’est une punition , la vraie !!