Après l’attentat de Trappes, un homme au même prénom que le suspect a été accusé à tort en ligne : récit d’une rumeur virale vue des millions de fois.

Attentat de Trappes : un homme accusé à tort sur les réseaux sociaux
Après l’attaque survenue vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, un homme portant le même prénom que le suspect a été désigné à tort comme l’auteur des faits. Photos et informations personnelles ont circulé massivement en ligne.
Une attaque qui a fait un mort et quatre blessés
Vendredi 23 octobre, une attaque terroriste a frappé Trappes et La Verrière, dans les Yvelines. Elle a coûté la vie à une personne et en a blessé quatre autres. Le suspect a été placé en garde à vue. Emmanuel Macron a qualifié l’attaque de « raciste » le jour même.
Dès le vendredi soir, un nom a pourtant commencé à circuler sur les réseaux sociaux, rapporte Le Monde. Il s’agissait d’un homme qui partage seulement le prénom et la première lettre du nom de famille du véritable suspect. Une source judiciaire a ensuite confirmé que son patronyme ne correspondait pas à celui de la personne interpellée.
Identité, photos et profil diffusés massivement
Le nom complet de cet homme, l’adresse de son profil Facebook et plusieurs clichés ont été relayés par des comptes d’« information » sur X et Facebook. Il y était présenté comme l’auteur des tirs. Un message republiant des contenus issus de son compte personnel a dépassé les 350 000 vues.
Un autre compte, suivi par 1,3 million d’abonnés, a diffusé sa photo sans citer son nom. Le message a été vu plus de 800 000 fois avant d’être supprimé. Des images légèrement floutées ont aussi circulé sur Instagram, via un média en ligne comptant 1,5 million d’abonnés.
Une rumeur reprise par des comptes militants
Plusieurs comptes militants ont à leur tour relayé l’identité erronée, dont une page Facebook engagée contre le racisme visant les personnes d’origine maghrébine. Elle a depuis supprimé sa publication.
Un site d’agrégation d’extrême droite a lui aussi publié une photo de l’homme. Il évoquait des détails vagues sur son lieu de travail et sur de supposées fragilités psychologiques, tout en signalant que certains médias démentaient l’information. Des comptes d’extrême droite se sont appuyés sur ces éléments pour contester le caractère politique de l’attaque.
Des conséquences pour l’homme et sa famille
Le profil Facebook de l’homme laisse apparaître de possibles difficultés psychologiques. Il n’y exprime aucune opinion politique, ce qui n’a pas empêché ces éléments d’être abondamment commentés. Dans la nuit, le nom de sa page a été modifié après une vague de commentaires injurieux. Le compte d’une membre de sa famille a lui aussi été visé.
Un rappel des dangers de la désinformation
Cet épisode illustre la vitesse à laquelle une identité erronée peut se propager après un événement dramatique. Il montre aussi les risques de harcèlement qui en découlent pour des personnes totalement étrangères aux faits. Seules les décisions de justice permettront d’établir les responsabilités dans cette affaire.
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