Un ancien contrôleur dénonce les dérives d’un système où la rentabilité prime sur l’équité. À la RATP comme à la SNCF, les agents privilégieraient les voyageurs « qui peuvent payer tout de suite ».

Derrière la lutte contre la fraude dans les transports franciliens, un système incitatif soulève de nombreuses dérives.
À la RATP comme à la SNCF, les agents de contrôle perçoivent une prime proportionnelle aux amendes payées immédiatement, ce qui les pousserait à cibler de préférence les voyageurs solvables plutôt que les véritables fraudeurs.
DĂ©but mai, une jeune femme s’est vu infliger une amende de 150 euros pour avoir transportĂ© une plante, tandis que d’autres usagers dĂ©noncent des verbalisations pour une photo mal cadrĂ©e sur un passe Navigo. Des pratiques abusives confirmĂ©es par Willy Laude, ancien agent rĂ©voquĂ© après avoir dĂ©noncĂ© ces mĂ©thodes, qui Ă©voque des objectifs de rendement incompatibles avec le discernement que requiert cette mission.
Selon plusieurs tĂ©moignages, les agents identifient les profils susceptibles de rĂ©gler immĂ©diatement – bien habillĂ©s, disposant vraisemblablement d’une carte bancaire – et les « cueillent » en prioritĂ©. En revanche, les fraudeurs plus agressifs ou sans moyens sont souvent laissĂ©s tranquilles, faute de solution.
Ce système, dopé par des primes allant jusqu’à 500 euros mensuels, alimente un climat de méfiance chez les usagers réguliers, souvent verbalisés pour des détails mineurs. Du côté de la RATP et de la SNCF, on minimise ces abus et on met en avant l’ampleur de la fraude – 700 millions d’euros par an – pour justifier un renforcement des contrôles, incluant à l’avenir l’usage de caméras intelligentes.
Pour en savoir plus : Le JDD
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