À Rome, un père de famille a tué un homme reconnu coupable de la mort de son fils, remis en liberté après appel. Le geste relance un débat national.

En Italie, un fait divers suscite un vif débat sur la justice pénale. Guglielmo Palozzi, 62 ans, a été interpellé mardi 8 juillet 2025, après avoir tiré sur Franco Lollobrigida, un homme récemment libéré alors qu’il avait été condamné pour des faits ayant entraîné la mort du fils de Palozzi.
Les faits remontent à 2020. Giuliano Palozzi, alors âgé de 34 ans, avait été passé à tabac par plusieurs individus et plongé dans le coma. Il était décédé cinq mois plus tard. Parmi les suspects figurait Franco Lollobrigida, qui avait d’abord nié toute implication avant d’admettre, en 2023, avoir porté des coups tout en affirmant ne pas être seul impliqué.
Après un acquittement prononcé en 2024, Franco Lollobrigida a été condamné en appel en mai 2025 à dix ans de prison pour homicide involontaire aggravé. Toutefois, il avait été remis en liberté dans l’attente d’un ultime recours devant la Cour de cassation, ce que la famille de la victime considérait comme une décision incompréhensible.
Mardi matin, Guglielmo Palozzi aurait retrouvé Franco Lollobrigida dans un parc public à Rocca di Papa, au sud de Rome. Les deux hommes auraient échangé quelques mots, puis Guglielmo aurait sorti une arme à feu et tiré. Franco Lollobrigida, touché en pleine poitrine, a tenté de demander de l’aide devant des témoins, avant de s’effondrer. Il est mort sur place, malgré l’intervention rapide des secours.
L’arme a été retrouvée dans la végétation voisine. L’auteur présumé des tirs a été maîtrisé par des passants puis interpellé par les carabiniers. Il a été placé en garde à vue pour homicide volontaire.
Fabrizio Federici, avocat de la famille Palozzi, a évoqué « une douleur atroce » vécue par les proches depuis la mort de Giuliano, considéré comme fragile et très protégé par ses proches. Il a aussi rappelé l’existence d’un message envoyé par Lollobrigida après les faits en 2020, dans lequel il écrivait : « Appelez votre frère, il a piqué une crise. Je l’ai laissé dans un état grave ».
Le geste de Guglielmo Palozzi divise l’opinion publique italienne. Certains y voient une vengeance compréhensible dans un contexte de frustration judiciaire. D’autres rappellent qu’il s’agit d’un homicide et qu’aucune décision de justice ne peut être remplacée par une action personnelle.
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