Jugé pour diffamation, un ancien croque-mort affirme que des pratiques indignes sur les défunts étaient courantes chez son ex-employeur Funecap.

À la barre du tribunal correctionnel de Paris, Jonathan, ancien employé de pompes funèbres, maintient ses accusations contre le groupe Funecap, numéro 2 du secteur en France.
Ce jeudi 11 juillet 2025, Jonathan, 41 ans, comparaissait devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisé dans les affaires de presse. Il est poursuivi pour diffamation par le groupe Funecap, qu’il accuse de maltraitances répétées sur les corps de défunts selon les informations du Parisien.
Ancien boulanger, Jonathan avait été recruté en 2018 comme chauffeur pour la filiale Funecap Sud-Ouest, basée à Mérignac (Gironde). Très vite, il dit avoir été témoin de pratiques qu’il juge indignes : cercueils trop petits, os brisés pour faire rentrer les corps, couvercles vissés de force pendant qu’un employé s’asseyait sur le défunt… Selon lui, certains collègues allaient jusqu’à « sauter à pieds joints sur les jambes des morts ».
Le quadragénaire affirme avoir consigné ces faits dans des attestations, qu’il dit avoir transmises à la justice bordelaise. Contacté, le parquet n’a pas encore répondu aux sollicitations.
Jonathan, qui dit avoir roulé plus de 600 km pour venir témoigner, évoque aussi des erreurs comme l’inversion de corps ou le remplissage précipité de caveaux avec des pommes de pin. L’homme assure n’avoir aucun ressentiment personnel, mais vouloir « alerter sur des dérives possibles dans le traitement des défunts ».
Funecap conteste fermement ces allégations.
Me Lorraine Gay, avocate du groupe, dénonce « une volonté manifeste de nuire », rappelant que Jonathan n’a travaillé que dix mois au sein de l’entreprise, dont neuf en arrêt maladie. Elle estime que les propos tenus ont porté atteinte à la réputation de l’entreprise et de ses 3 000 salariés. Funecap réclame 3 000 euros de dommages et intérêts.
Pour la défense, Me Ilyacine Maaloui affirme que Jonathan agit « comme un lanceur d’alerte », soutenu par plusieurs témoignages. Selon lui, « il n’a aucune haine, il voulait simplement dénoncer des conditions de travail délétères ».
Le jugement a été mis en délibéré au 10 octobre 2025.
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