Un rapport accablant de l’IGPN désigne une commandante de police pour faute disciplinaire dans l’affaire Hedi Rouabah, jeune homme grièvement blessé par des policiers de la BAC à Marseille en juillet 2023.

L’IGPN met en cause une commandante de police après les violences infligées à Hedi Rouabah
Marseille (Bouches-du-Rhône) – Plus d’un an après les faits, l’enquête sur les violences policières subies par Hedi Rouabah lors des émeutes de juillet 2023 à Marseille connaît un tournant important. Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), versé au dossier il y a plusieurs mois, met formellement en cause une officière de la BAC pour « faute disciplinaire ».
Le document interne de la “police des polices”, révélé par Mediapart, Marsactu et confirmé par BFMTV, conclut que les quatre policiers mis en cause ont fait usage d’une violence disproportionnée envers le jeune homme, grièvement blessé à la tête par un tir de LBD puis roué de coups.
Une commandante présente, mais passive
Plus encore, le rapport souligne que la commandante de l’unité, Virginie G., était présente sur les lieux au moment des faits. Contrairement à ses déclarations affirmant ne pas avoir été témoin des violences, l’IGPN considère qu’elle s’est abstenue d’intervenir, bien qu’elle en avait le pouvoir hiérarchique. Ce comportement constitue, selon les enquêteurs, une faute disciplinaire.
Mais pour l’avocat de la victime, Me Mehdi Khezami, cela va bien au-delà . Il estime que les éléments du dossier démontrent « des faits constitutifs d’infractions pénales » :
« Cette abstention ne constitue pas seulement une faute administrative : elle pourrait justifier une mise en examen », affirme-t-il auprès de BFMTV.com.
Une nuit de violences Ă Marseille
Les faits remontent à la nuit du 1er au 2 juillet 2023, en pleine flambée de violences urbaines provoquées par la mort de Nahel Merzouk, 17 ans, neutralisé par un policier à Nanterre durant un dangereux refus d’obtempérer. À Marseille, Hedi Rouabah, 22 ans, est atteint à la tête par un projectile tiré par un policier de la BAC. Il s’effondre, avant d’être violemment frappé par quatre fonctionnaires.
Des vidéos publiées par Mediapart confirmeraient sa version des faits. Victime de multiples fractures du crâne, Hedi Rouabah a dû subir plusieurs opérations chirurgicales, notamment une craniectomie partielle.
L’un des policiers impliqués a reconnu avoir tiré. Il a été placé en détention provisoire durant 40 jours, puis libéré en septembre 2023.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







