Le rappeur Booba a été placé en garde à vue à Paris dans le cadre d’une enquête ouverte après la plainte déposée par Gims et son épouse Demdem pour harcèlement moral et cyberharcèlement. Le différend entre les deux figures du rap français prend désormais une tournure judiciaire.

Booba entendu dans une affaire de harcèlement présumé visant Gims et sa compagne
Le rappeur Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, a été placé en garde à vue à Paris mercredi dans le cadre d’une enquête ouverte pour harcèlement moral et cyberharcèlement à la suite d’une plainte déposée par Gims et son épouse Demdem en août 2024, a appris Le Parisien de source proche du dossier.
Cette garde à vue, qui peut durer jusqu’à 48 heures, a pour but de recueillir les explications du rappeur de 48 ans, déjà mis en examen dans une autre affaire similaire concernant Magali Berdah, fondatrice de l’agence Shauna Events.
Les avocats des deux parties, Mes Marie Roumiantseva et Gilles Vercken pour Booba, et Me David-Olivier Kaminski pour Gims et Demdem, n’ont pas souhaité commenter le dossier à ce stade.
Une plainte pour six années de « harcèlement répété »
Dans leur plainte, Gims (39 ans) et Demdem (38 ans) affirment que Booba les cible publiquement depuis six ans, notamment à travers des publications sur les réseaux sociaux qui auraient encouragé un cyberharcèlement massif de la part de ses fans.
Les plaignants dénoncent des attaques répétées sur le physique du chanteur, relayées à grande échelle par les abonnés du « Duc de Boulogne ».
Parmi les exemples cités dans la plainte figurent des insultes publiées sur X (anciennement Twitter), dont :
« Tu ressembles à une croquette pour chat sale sorcier. »
Les avocats de Gims estiment que ces propos ont engendré un « cauchemar médiatique » ayant eu un impact sur la vie familiale du couple et une perte de revenus liés à leur image.
Le morceau « Dolce Camara » au cœur du différend
Le titre « Dolce Camara », sorti récemment et interprété par Booba avec SDM, serait selon la plainte le point culminant du harcèlement.
Dans ce morceau, le rappeur évoque notamment :
« On les aime fraîches, bien michtos, qui savent accueillir comme Demdem. »
Les conseils de Booba invoquent la liberté d’expression artistique, estimant qu’il serait préoccupant que des créations musicales puissent faire l’objet de poursuites pénales pour harcèlement moral.
Une rivalité artistique devenue affaire judiciaire
Booba et Gims, deux poids lourds du rap français, entretiennent depuis plusieurs années une rivalité médiatique virulente, qui s’est amplifiée sur les réseaux sociaux.
Le premier s’est aussi fait connaître pour ses dénonciations des “influvoleurs”, terme qu’il emploie pour désigner les influenceurs soupçonnés de tromper leurs abonnés.
En parallèle, Booba doit être jugé le 3 décembre pour injure raciste et cyberharcèlement aggravé dans une autre affaire visant une journaliste et un essayiste.
À l’issue de sa garde à vue, le rappeur pourrait être relâché sans poursuites ou présenté à un magistrat pour une éventuelle mise en examen complémentaire.
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