À Bordeaux, dix-sept employés d’une brasserie réputée accusent leur patron de propos racistes et discriminatoires. Une enquête est ouverte par le parquet.

Une vague de plaintes déposée
Dix-sept salariés d’une brasserie réputée du centre de Bordeaux ont porté plainte contre leur employeur pour des injures à caractère raciste, xénophobe, islamophobe, sexiste et homophobe. Le parquet confirme avoir ouvert une enquête après ces signalements, révélés début novembre par Mediapart et Rue89 Bordeaux, relate Le Parisien.
Ces plaintes concernent un établissement situé face à l’Opéra et au Grand Hôtel, considéré comme l’une des adresses phares du centre-ville.
Des propos ciblant plusieurs employés
Selon les témoignages réunis par l’avocate des plaignants, Me Anne-Charlotte Moulins, les faits se seraient déroulés fin octobre. Les salariés affirment que leur supérieur hiérarchique aurait proféré, en pleine journée de travail, des remarques dégradantes et insultantes envers plusieurs membres du personnel.
Un employé originaire de Guadeloupe, actuellement en arrêt maladie, rapporte que le gérant aurait déclaré « s’être laissé envahir », ajoutant « qu’il y avait trop de Noirs et d’Arabes dans l’établissement », avant de menacer le personnel : « je vais tous vous virer ».
D’autres salariés évoquent des remarques humiliantes envers un serveur auquel le patron aurait attribué un « travail d’Arabe », ou encore l’affirmation que « la place des Noirs était à la cave ». Plusieurs personnes visées se trouvent en cours de régularisation, ce qui, selon un chef de rang de 42 ans, les rendait particulièrement vulnérables face à ces propos.
Un gérant « sans souvenir » des faits
Les plaignants indiquent que le responsable était fortement alcoolisé lors de l’épisode. L’homme, également cogérant de brasseries à Paris et sur la côte basque, conteste toutefois avoir un quelconque souvenir de la scène.
Son avocat, Me Fabien-Jean Garrigues, évoque la possibilité que son client ait été drogué à son insu. Il qualifie les faits rapportés d’« inexplicables » et, s’ils étaient confirmés, d’« inqualifiables et intolérables ».
Une enquĂŞte en cours
Le parquet poursuit actuellement ses investigations pour établir les circonstances exactes de cette journée et vérifier les accusations formulées par les salariés. Cinq nouveaux employés devraient prochainement se joindre à la procédure.
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