Un agriculteur de 59 ans, originaire de Néré en Charente-Maritime, a été condamné par la cour d’assises de Saintes à 18 ans de réclusion pour avoir foncé au volant de son tracteur contre deux habitations familiales en 2023, sans faire de blessés mais en semant la terreur dans son village.

Charente-Maritime : 18 ans de prison pour un agriculteur après un raid au tracteur contre deux maisons
La cour d’assises de la Charente-Maritime a condamné à 18 ans d’emprisonnement un agriculteur de 59 ans, jugé à Saintes pour avoir projeté son tracteur muni d’une fourche contre deux habitations de son village natal, Néré, en juillet 2023. Aucune victime n’a été blessée, mais les jurés ont retenu la tentative d’assassinat sur fond de troubles psychiatriques et de tensions familiales anciennes.
Un raid au tracteur à l’aube
Le 2 juillet 2023, au petit matin, l’exploitant agricole prend le volant de son tracteur équipé d’une fourche et se dirige vers deux maisons de Néré, une commune située entre Saint-Jean-d’Angély et Matha, en Charente-Maritime.
Selon l’enquête, il percute successivement la maison de sa grand-tante de 91 ans, puis celle d’un couple avec leur fillette de 2 ans. Les dégâts matériels sont importants, mais, par chance, aucune des personnes présentes dans les logements visés n’est physiquement blessée.
D’après les éléments versés au dossier, l’homme aurait probablement poursuivi sa course destructrice dans le village si son tracteur ne s’était pas retrouvé immobilisé dans un hangar agricole. Devant la cour, il conteste cependant toute volonté de tuer et affirme avoir voulu « faire peur ».
Un agriculteur décrit comme « la terreur du village »
Au fil des témoignages, l’image d’un homme redouté par son voisinage se dessine. Plusieurs habitants de Néré le présentent comme « la terreur du village ».
L’accusé n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice : il a déjà été condamné à sept reprises par le tribunal correctionnel, notamment pour des faits récents, dont un vol de paille survenu quelques jours avant le raid au tracteur.
Sur le plan personnel, son parcours est marqué par des drames familiaux. Le suicide de son épouse en 1992, puis la mort de son père en 2010, sont évoqués comme des éléments déclencheurs de son mal-être.
Des conflits de longue date autour de successions contestées auraient par ailleurs alimenté une jalousie qualifiée de « pathologique » à l’encontre de plusieurs familles du village, issues de lignées communes.
Un état psychique fragile mais un discernement jugé altéré, non aboli
Suivi par des psychiatres, l’agriculteur avait interrompu la prise de ses traitements avant les faits. À la barre, il apparaît profondément changé, « méconnaissable » selon certains observateurs.
Durant sa détention provisoire, il a perdu environ 40 kg, alors qu’il était auparavant décrit comme en situation d’obésité morbide. Dans le box, il parle d’une voix faible, s’exprime difficilement et hoche régulièrement la tête.
Les experts psychiatres entendus par la cour écartent l’hypothèse d’une abolition du discernement au moment des faits. Ils concluent à une altération, évoquant un « délire paranoïaque » tourné vers ses proches et son environnement immédiat.
Ce diagnostic conduit la justice à reconnaître un trouble mental, sans pour autant considérer que l’accusé était totalement irresponsable pénalement.
Le procès à Saintes et les réquisitions
Après trois jours de débats devant la cour d’assises de la Charente-Maritime, réunie à Saintes, le ministère public s’attache à démontrer la gravité des faits.
Le procureur de la République de Saintes, également avocat général à l’audience, retient une « atténuation de la responsabilité » pénale, mais considère que la dangerosité de l’accusé impose une peine sévère.
Il requiert ainsi 22 ans de réclusion criminelle pour tentative d’assassinat et récidive de menace de mort. Les jurés, après délibération, condamnent finalement l’agriculteur à une peine de 18 ans d’emprisonnement.
La défense plaide le soin plutôt que la prison
Face à ces réquisitions lourdes, l’avocat de l’accusé, Me Thibaut Kurzawa, se dit « déstabilisé » par la peine demandée. Il appelle le jury à privilégier une prise en charge en milieu spécialisé plutôt qu’un long enfermement.
Selon lui, la prison ne permettra pas de traiter les difficultés psychiatriques de son client : il plaide pour un placement en établissement adapté et tente d’obtenir la reconnaissance de l’abolition du discernement.
En vain : la cour suit l’analyse des experts, retenant seulement une altération. Le choix d’une peine de 18 ans souligne la volonté de la juridiction de sanctionner sévèrement les faits, tout en tenant partiellement compte du trouble psychique.
Les derniers mots de l’accusé
Invité à s’exprimer en dernier, l’agriculteur n’adresse pas de parole directe aux victimes de son raid motorisé.
Il se concentre sur son propre sort, expliquant qu’en cas de lourde condamnation, il ne verrait « aucun espoir de voir la lumière à la sortie ».
Il demande aux jurés de le « juger correctement » et d’avoir « de l’espérance de vie ». Ces propos ne suffiront pas à infléchir la décision de la cour d’assises, qui le condamne à 18 ans de réclusion criminelle.
(Merci Rudy van Cappellen)
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Ces juges sont des grands malades : en France il y a deux poids et deux mesures.
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